Indicateur de pilotage comptable

Fiabilisation des comptes Gérer les finances publiques locales L'indicateur de pilotage comptable (IPC) est un indicateur produit, depuis 2020, par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), selon des bases rénovées. Désactivé

L'indicateur de pilotage comptable (IPC) est un indicateur produit, depuis 2020, par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), selon des bases rénovées.

Cet indicateur, produit directement à partir de l’application HELIOS, est inscrit dans le programme annuel de performance (PAP) du programme 156 de l'Etat « Gestion fiscale et financière de l’État et du secteur public local » au titre de l’exercice 2023 (résultats publiés en 2024).

La visibilité offerte à cet indicateur, souhaitée par le Comité de fiabilité des comptes locaux, représente un levier important dans l'amélioration de la qualité comptable de toutes les collectivités locales.

Pour autant, il est souligné que cet indicateur ne vise nullement à se prononcer sur la qualité de la gestion d'une collectivité, sur la qualité de son financement ou sur sa solidité financière.

L'IPC doit ainsi être appréhendé comme un outil partagé entre le l'ordonnateur et le comptable permettant de cibler des actions en vue d’améliorer la qualité comptable ; l’ordonnateur pourra consulter, dans le tableau de bord financier mis à sa disposition, les résultats de sa collectivité ainsi que s’adresser à son comptable (ou son conseiller aux décideurs locaux) afin d’obtenir des précisions.

L’IPC est l'un des outils de pilotage et de suivi de la tenue des comptes locaux

L'indicateur de pilotage comptable (IPC) révèle certains points forts et points faibles à partir d’un ensemble d'items extraits des comptabilités générale et auxiliaire de la collectivité ; il dresse des constats sur exercices clos et permet de tracer les évolutions sur plusieurs exercices.

Présenté de façon rénovée à partir des comptes de l’exercice 2021, l'indicateur de pilotage comptable est :

  • calculé à partir d’un maximum de 33 contrôles comptables automatisés HÉLIOS (selon le type de collectivités) répartis en 7 thématiques comptables : immobilisations ; provisions et dépréciations, fonds propres et subventions reçues, stocks, trésorerie, comptes de tiers, produits et charges ;

Les contrôles comptables détectent, à partir de l’application HÉLIOS, les mouvements comptables des collectivités et vérifient la conformité de ces derniers avec la réglementation. Il s’agit notamment du contrôle de la régularité des schémas comptables pratiqués, du délai d'apurement de certains comptes transitoires, de l'ouverture et de l'utilisation des comptes prévus par la réglementation, de la cohérence des soldes comptables ou encore dans la cohérence des résultats budgétaires entre l’ordonnateur et le comptable ;

  • un test sur comptabilités arrêtées : les résultats de l'IPC d'un exercice donné N sont connus et diffusés dans le tableau de bord financier de l’ordonnateur dès la demande du compte de gestion/financier dans l’application HÉLIOS par le comptable public en N+1 ;
  • valorisé sous la forme d’un score sur 100 (qui représente le score global atteint par la collectivité).

Près de 75 500 collectivités et établissements sont inclus dans le périmètre de l'IPC ; il s'agit de l'ensemble des communes, départements, régions, groupements à fiscalité propre (communautés de communes, communautés d'agglomérations, communautés urbaines, métropoles), collectivités territoriales uniques, établissements publics de santé et médicaux sociaux, services public industriels et commerciaux, services départementaux d'incendie et de secours.

L’objectif de cet indicateur est de donner un éclairage sur la comptabilité de chaque collectivité ou budget, en mettant en évidence un certain nombre de points forts et de points faibles, pour identifier les marges de progression et suivre les améliorations apportées.

L’analyse de l'IPC sur la qualité des comptes doit être croisée avec d’autres données

Malgré son caractère automatisé, l'IPC ne constitue pas un label de qualité des comptes, ni un critère exclusif d’appréciation de la fiabilité des comptes.

Bien que portant sur des données comptables élargies permettant d’apprécier la fiabilité des comptabilités générale et auxiliaire, l’IPC n'appréhende pas pour autant la qualité du dispositif de contrôle interne au sein des services ordonnateurs et comptables ; or, seul ce dispositif est en mesure d'apporter une assurance raisonnable de la maîtrise des risques financiers, comptables ou budgétaires. 

Afin d’appréhender la fiabilité des comptes de façon plus globale, la DGFiP propose dorénavant un dispositif de synthèse de la qualité des comptes réalisée par le comptable ou le CDL visant à établir les points forts et les axes de progression en matière de qualité des comptes à partir de l’analyse des comptes clos.

De plus, la généralisation du compte financier unique permet également aux différents acteurs d’accéder aux résultats des contrôles croisés automatiques des données budgétaires et comptables issues de l’ordonnateur et du comptable. .

Ainsi, une progression importante de l'IPC ou un niveau élevé du score obtenu sans aucune corroboration ne permet pas de conclure que l'entité respecte les principes comptables de régularité, de sincérité et d'image fidèle.

De même, l'IPC ne permet pas de se prononcer sur la qualité de la gestion d'une collectivité, sur la qualité de son financement ou sur sa solidité financière.

Toutefois, cet indicateur permet une amélioration des opérations comptables de base (provisions, amortissements, intégrations d’immobilisations, apurement des comptes d’imputation provisoire…). Pour illustrer, l’absence de provisions et dépréciations de créances est signalée par l’indicateur, permettant ainsi au comptable et à l’ordonnateur de réagir en conséquence.

Ainsi, cet outil rénové reconnu par le réseau des comptables publics et des ordonnateurs permet, grâce à un travail coordonné, une progression de la qualité comptable.

L’IPC doit être appréhendé comme un levier en matière de qualité comptable, mais il ne peut, à lui seul, restituer une évaluation objective de la qualité des comptes d'une entité.

Il doit être perçu à la fois comme un outil et comme une cible intermédiaire dans la conduite des actions de fiabilisation des comptes locaux.

Résultats nationaux 2023 et 2024 de l'IPC

Score national des GFP, communes, départements, régions et CTU

Le score national pondéré de l’IPC pour l’exercice 2024 (86,37/100) s’améliore de 2,69 points par rapport à l’exercice 2023, et confirme ainsi une dynamique positive depuis la mise en place de cet indicateur. L’ensemble des types de collectivités (voir également graphique 2, 3 et 4 ci-dessous) s’inscrivent dans cette tendance y compris pour celles qui étaient traditionnellement plus en retrait comme les CTU.

Score national des communes par strate de population

En progression constante, les résultats de l’exercice 2024 toutes strates de communes confondues, mettent en évidence cette année encore une corrélation entre les résultats obtenus et la taille des communes.

Soumises à des règles comptables plus souples (absence d’amortissements obligatoires, de rattachements des charges et des produits à l’exercice, etc) ainsi qu’à des opérations comptables moins complexes générant de fait moins de contrôles au titre de l’IPC, les communes de moins de 3 500 habitants présentent les notes les plus élevées.

À l’inverse, les communes de taille plus importante présentent des enjeux de qualité spécifique et des marges de progrès plus étendues, du fait d’un nombre et d’une diversité d’items testés plus larges, tous domaines confondus. Malgré des résultats en retrait pour cette catégorie, la progression est la plus forte entre 2023 et 2024.

Score des groupements à fiscalié propre (par catégorie)

Malgré un tendanciel à la hausse pour cette catégorie de collectivité, les résultats restent en deçà des résultats nationaux. Les communautés urbaines enregistrent même un recul de leurs résultats comparativement à ceux de l'exercice précédent (-0,62 points).

Scores des budgets SPIC, EPS, ESMS, SDIS

Les résultats 2024 des SPIC, des ESMS et des SDIS confirment une tendance à la hausse depuis plusieurs années. Les EPS en deçà de l’indice national amorce cependant une forte progression de leurs résultats (+ 3,97 points).

Archives

Score national des GFP, communes, départements, régions et CTU

Le score national pondéré de l’IPC pour l’exercice 2023 (83,68/100) s’améliore de 2,51 points par rapport à l’exercice 2022, soit une hausse continue sur les 3 derniers exercices. L’ensemble des types de collectivités (voir également graphique 2, 3 et 4 ci-dessous) montre une progression significative des scores IPC, sans exception. 

Score national des communes par strate de population

En progression constante, les résultats de l’exercice 2023 toutes strates de communes confondues, montrent le lien entre l’indicateur IPC et la taille des communes.

Soumises à des règles comptables plus souples (absence d’amortissements obligatoires, de rattachements des charges et des produits à l’exercice, etc) ainsi qu’à des opérations comptables moins complexes générant de fait moins de contrôles au titre de l’IPC, les communes de moins de 3 500 habitants présentent les notes les plus élevées. 

A l’inverse, les communes de taille plus importante présentent des enjeux de qualité spécifique et des marges de progrès plus importantes, du fait d’un nombre et d’une diversité d’items testés plus importants tous domaines confondus.

Score des groupements à fiscalié propre (par catégorie)

Malgré une progression générale toutes catégories confondues, la qualité comptable des groupements à fiscalité propre (GFP) laisse apparaitre des marges de progression au regard de la moyenne nationale de 83,68/100. 

Scores des budgets SPIC, EPS, ESMS, SDIS

Les résultats des SPIC, EPS, ESMS et SDIS progressent en 2023, se maintenant à un niveau supérieur à l’indice national à l’exception des EPS.

Aucun

Le contrôle interne

Contrôle interne Fiabilisation des comptes Synthèse de la qualité des comptes Gérer les finances publiques locales Désactivé

Documentation

Outils

 

Référentiels 

Aucun

Certification des comptes des collectivités

Fiabilisation des comptes Synthèse de la qualité des comptes Gérer les finances publiques locales Désactivé

La loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République avait prévu une expérimentation de dispositifs destinés à assurer la régularité, la sincérité et la fidélité des comptes des collectivités territoriales et de leurs groupements. Cette expérimentation devait permettre d’établir les conditions préalables et nécessaires à la certification des comptes du secteur public local (article 110).

Un panel de 25 collectivités avait été retenu par le ministre de l'Économie et des finances, le ministre de l’Aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales et le ministre de l'Intérieur, sur avis du Premier président de la Cour des comptes.

A l’issue de l’expérimentation, le législateur n’a pas imposé aux collectivités locales d’obligation de certification des comptes. Ainsi, la certification des comptes, est, depuis 2024, une démarche dans laquelle les collectivités territoriales peuvent choisir de s’inscrire à titre volontaire. 

L’administration a recensé en 2025, 9 collectivités, précédemment expérimentatrices, ayant recours à un professionnel du chiffre pour l’audit de leurs états financiers. Une dizaine d’autres entités ont manifesté leur souhait de s’engager à court terme dans un dispositif de certification des comptes.

Les travaux relatifs aux différents dispositifs de fiabilité des comptes dans le secteur local sont menés sous l’égide du Comité national relatif à la fiabilité des comptes publics locaux.

Bilan final du Gouvernement sur l'expérimentation de la certification des comptes des collectivités

Fruit d’un important travail mené conjointement par direction générale des Finances publiques (DGFIP) et la direction générale des Collectivités locales (DGCL), en concertation étroite avec un large panel de parties prenantes, ce rapport est l’aboutissement de huit années d’expérimentation de la certification des comptes des collectivités locales.

Encadré par les dispositions de l’article 110 de la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRé) qui en a défini les conditions d’organisation, ce dispositif expérimental poursuivait l’objectif d'établir les conditions préalables et nécessaires à la certification des comptes du secteur public local, qu'il s'agisse de la nature des états financiers, des normes comptables applicables, du déploiement du contrôle interne comptable et financier ou encore des systèmes d'information utilisés.

Mis en œuvre auprès de 25 collectivités locales volontaires, de toutes tailles, de toutes catégories (régions, départements, communes, établissements publics de coopération intercommunale), réparties sur l'ensemble du territoire, l’exercice de certification expérimentale a connu plusieurs temps forts depuis 2015.

À une première phase d’accompagnement par les équipes des juridictions financières sur la période 2015-2020, ponctuée par la remise du bilan intermédiaire du Gouvernement au Parlement au terme des trois premières années d’expérimentation, a succédé une phase opérationnelle de certification des états financiers par des commissaires aux comptes sur les exercices 2020, 2021 et 2022.

Ce bilan final dresse le constat partagé d’une très forte mobilisation des collectivités locales, d’une indispensable période de préparation, d’une démarche vertueuse sur le plan de la qualité comptable, du renforcement des dispositifs de contrôle interne et de l’approfondissement de la relation entre l’ordonnateur et le comptable public. Dispositif le plus abouti en termes d’assurance sur la qualité des comptes, mais également le plus exigeant, la certification obéit à un cadre formel strict et requiert des diligences dont la mise en œuvre conduit à mobiliser, en réponse, des ressources humaines et financières non négligeables.

Au-delà de la question des coûts, le bilan final confirme les contraintes liées à l’environnement budgétaire et comptable des collectivités locales relevées dès le bilan intermédiaire, le respect du calendrier budgétaire et les règles de disponibilité des crédits budgétaires pouvant constituer un obstacle à la bonne prise en compte des ajustements d’audit demandés par le professionnel du chiffre.

Dans un cadre « moniste » et d‘équilibre budgétaire par section, spécifique aux collectivités locales, portant imbrication étroite de la comptabilité patrimoniale en droits constatés et de la comptabilité budgétaire, le rapport du Gouvernement rappelle que les normes de référence de la certification, et plus largement les obligations comptables et financières des collectivités, sont fixées par les instructions budgétaires et comptables, tout particulièrement le référentiel M57, qui organisent la mise en œuvre des principes posés par le recueil des normes comptables des entités publiques locales (RNCEPL) validées par le Conseil de normalisation des comptes publics.

Au titre des conditions nécessaires et préalables à une démarche de certification des comptes, le bilan final met en exergue les nombreux chantiers restant à déployer, tant pour les collectivités locales, qui doivent poursuivre leurs efforts sur les sujets identifiés, que pour les services de l’État qui devront consolider les travaux relatifs au référentiel comptable, permettre la production des états financiers aux standards normatifs dans le nouveau cadre de présentation des comptes que constituera le compte financier unique, poursuivre la démarche de renforcement du contrôle interne et l’adaptation des systèmes d’information.

Enfin, le Gouvernement propose :

  • d’encourager les collectivités les plus importantes à recourir de manière volontaire à la certification de leurs comptes à compter de 2028, avec un accompagnement dédié de la part des administrations (DGFiP et DGCL) et de la Cour des comptes ;
  • de mettre en œuvre, pour les collectivités locales qui n’opteraient pas pour une certification de leurs comptes, des dispositifs alternatifs d’amélioration de la qualité des comptes, proportionnés à leurs enjeux. Piloté par la DGFiP, le dispositif de synthèse de la qualité des comptes présentée par le conseiller aux décideurs locaux ou le comptable public devant l’assemblée délibérante (ou la commission des finances de la collectivité) apparaît le plus prometteur ; il n’est pas exclusif de la possibilité pour les collectivités de recourir librement à un professionnel du chiffre afin de se voir délivrer une attestation de fiabilité sur un ou plusieurs cycles comptables, préalablement définis ;
  • d’envisager un cadre de certification adapté aux spécificités du secteur public local articulé autour des principes suivants :
    • la poursuite de l’accompagnement des collectivités locales par la DGFiP et la DGCL ;
    • la mise en place d’une gouvernance locale à même d’accompagner les enjeux de certification et de fiabilisation des comptes locaux ;
    • l’instauration, à l’attention des commissaires aux comptes, de normes d’audit tenant compte des spécificités des collectivités locales en concertation étroite avec les instances représentatives de la profession, à savoir le Haut Conseil du commissariat aux comptes (H3C) et la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) ;
    • l’évolution de certains textes législatifs et réglementaires afin de les adapter aux besoins de fiabilisation, voire de certification des comptes.

Au-delà, et pour capitaliser sur les travaux importants menés depuis 2015, le Gouvernement, et ses services (DGFiP ; DGCL), souhaitent poursuivre, la concertation avec les partenaires concernés (collectivités locales ; juridictions financières ; commissaires aux comptes ; H3C et CNCC) afin d’inscrire les collectivités locales dans une « trajectoire de progrès ».

Enfin, la DGFiP continue à promouvoir et à mettre en œuvre, depuis 2024, pour les collectivités volontaires, le dispositif de synthèse de la qualité des comptes, présenté par le conseiller aux décideurs locaux ou par le comptable public.

Les travaux préparatoires

Les textes

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La synthèse de la qualité des comptes

Fiabilisation des comptes Synthèse de la qualité des comptes Gérer les finances publiques locales Désactivé

La synthèse de la qualité des comptes

L’expérimentation de la synthèse de la qualité des comptes a été mise en place en 2020 (sur les comptes de l’exercice 2019) et reconduite durant trois années sous l’égide du Comité de fiabilité des comptes locaux. 

Le dispositif connaît, depuis son lancement, un accueil positif de la part de l’ensemble des acteurs de la sphère locale.

Ainsi, le bilan de l’expérimentation de la synthèse de la qualité des comptes des collectivités locales, menée de 2020 à 2023 auprès d’environ 550 entités, sous le pilotage de la direction générale des finances publiques (DGFiP), conduit-il à proposer, à compter de 2024, une offre de service pérenne en matière de qualité des comptes locaux.

La généralisation du dispositif de la synthèse de la qualité des comptes

La synthèse de la qualité des comptes est un dispositif de fiabilisation comportant 2 étapes : 

D’abord, le comptable ou le conseiller aux décideurs locaux analyse au sein d’un rapport normé les comptes de l’exercice clos (postes du bilan, le respect du principe d’indépendance des exercices, les soldes comptables à la clôture de l’exercice, bilan des contrôles sélectifs de la dépense…) en s’attachant à mettre en exergue les points forts et les axes d’amélioration de la qualité des comptes. Cet examen, s’appuie sur les données à la disposition de la DGFiP et peut nécessiter la collaboration des services de l’ordonnateur. La synthèse de la qualité des comptes porte exclusivement sur la qualité comptable et n’aborde ni la gestion, ni les éléments d’analyse financière. 

Au terme de cet examen et après un temps d’échange entre le rédacteur de la synthèse et l’ordonnateur de la collectivité, la synthèse est présentée par le conseiller aux décideurs locaux ou le comptable devant l’assemblée délibérante ou la commission des finances au moment de l’approbation des comptes. Cette présentation, d’une durée de 30 minutes environ, vise à expliciter les enjeux liés à la bonne tenue des comptes et à proposer une « démarche de progrès ». Elle peut donner lieu à un court dialogue entre les membres de l’assemblée et le présentateur de la synthèse.

La synthèse de la qualité des comptes a vocation à être réalisée une fois par mandature, elle a pour objectif de dresser des constats sur les comptes d’une collectivité territoriale ou d’un groupement, afin de déterminer des actions à entreprendre à court et moyen terme en lien avec l’ordonnateur en vue d’en améliorer la régularité, la sincérité et la fidélité des comptes. La formule, appréciée pour sa souplesse et sa transversalité, permet de renforcer le partenariat entre les acteurs locaux sur les sujets d’amélioration de la qualité des comptes et de valoriser l’expertise de la DGFiP dans un cadre élargi à l’organe délibérant.

À ce titre, le rapport du Gouvernement portant bilan final de l’expérimentation de la certification des comptes des collectivités territoriales, publié au journal officiel du 4 juillet 2023, présente la synthèse de la qualité des comptes comme le dispositif alternatif d’amélioration de la qualité comptable « le plus prometteur » et en propose le déploiement sous le pilotage de la DGFIP.

Ainsi, la synthèse de la qualité des comptes intègre l'offre de service en matière de qualité des comptes locaux proposée par la direction générale des finances publiques à compter de 2024. 

Le comptable public ou le conseiller aux décideurs locaux sont à même de vous renseigner sur cette démarche.

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Fiabilité et certification des comptes locaux

Fiabilisation des comptes Gérer les finances publiques locales Activé

Le 21 mars 2014, les ministres chargés des Finances, du Budget et des Collectivités territoriales, les présidents des grandes associations nationales d'élus locaux et le Premier président de la Cour des comptes ont conclu une charte nationale relative à la fiabilité des comptes locaux (instruction du 21 mars 2014) qui souligne l'importance de la qualité des comptes pour la démocratie locale. Le second alinéa de l’article 47-2 de la Constitution dispose, en effet, que "les comptes des administrations publiques sont réguliers et sincères. Ils donnent une image fidèle du résultat de leur gestion, de leur patrimoine et de leur situation financière."

Pour renforcer la qualité des comptes des collectivités territoriales et de leurs établissements publics, les signataires de la charte nationale s'engagent dans une démarche partenariale visant à :

  • définir des outils et des méthodes mis à la disposition des acteurs locaux, à partir des bonnes pratiques constatées sur le terrain,  pour permettre à chacun d’améliorer la qualité de ses traitements comptables ;
  • proposer des modes d’attestation de la fiabilité des comptes adaptés à l’hétérogénéité des situations et des enjeux financiers au sein du secteur public local.

Ces orientations générales, qui sont précisées en annexe de la charte, sous-tendent le cadre juridique et le référentiel comptable en vigueur. Elles feront l'objet d'un suivi régulier au sein du Comité national relatif à la fiabilité des comptes publics locaux.

Le Comité national de fiabilité des comptes publics locaux

Cette instance partenariale, chargée d’élaborer, de diffuser et de suivre la mise en œuvre de solutions opérationnelles dans le cadre du droit et du référentiel comptable en vigueur, s’attache aussi à tracer des perspectives d’amélioration du cadre existant, au vu des expériences dont il lui est rendu compte. Elle met ses travaux en conformité avec les normes comptables adoptées après avis et recommandations du Conseil de normalisation des comptes publics (article 136 de la loi n° 2001-1275 de finances pour 2002) et tient compte des critères d'appréciation de la qualité comptable énumérés par l'article 57 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.

Le Comité national rassemble les représentants des ordonnateurs locaux, des comptables publics et des juges des comptes. Présidé par le directeur général des Finances publiques (DGFiP) ou son représentant par délégation du ministre chargé des Comptes publics, il est composé des représentants de l’Association des maires de France (AMF), de l’Assemblée des départements de France (ADF), de l’Association des régions de France (ARF), de l’Association des communautés urbaines de France (ACUF), de l’Assemblée des communautés de France (ADCF), de l’Association des maires de grandes villes de France (AMGVF), de la Fédération des villes moyennes (FMVM) et de l’Association des petites villes de France (APVF) ; des représentants de la DGFiP et de la direction générale des Collectivités locales (DGCL) ; des membres des juridictions financières désignés par le Premier président de la Cour des comptes ; et d'experts proposés par ses membres, notamment l’Association Finances-gestion-évaluation des collectivités territoriales (AFIGESE).

Les solutions organisationnelles et procédurales mises en avant par le Comité national s'appuient, le plus souvent, sur l’analyse et la validation des bonnes pratiques relevées à travers le territoire national. Les collectivités intéressées peuvent ensuite se rapprocher de leur comptable pour mettre en œuvre, à leur échelle, un partenariat intégrant tout ou partie des recommandations nationales, en fonction du contexte local et de leur propres priorités, à définir après un diagnostic partagé ordonnateur-comptable des forces et faiblesses en matière de fiabilité de ses comptes.

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Examen de la gestion par la chambre régionale des comptes

Fiabilisation des comptes Finances locales Qualité et contrôle des comptes Synthèse de la qualité des comptes Gérer les finances publiques locales Activé

L’examen de la gestion est défini à l’article L. 211-8 du Code des juridictions financières. Les contrôles peuvent être engagés sur demande motivée du préfet ou de l’autorité locale. Ils le sont aussi et surtout à l’initiative de la chambre régionale des comptes (CRC) dans le respect de son programme annuel de vérification.

Le contrôle peut porter sur toutes les collectivités et tous les établissements publics locaux situés dans la zone géographique de compétence de la CRC. Il peut s’appliquer à un grand nombre d’organismes, qu’ils soient ou non dotés d’un comptable public. Lorsque ces organismes sont dotés d’un comptable public, l’examen de la gestion est généralement couplé au jugement des comptes.

Cependant, l’examen de la gestion ne se limite pas au seul domaine financier et comptable. Cet examen porte sur la régularité mais également sur la qualité de la gestion. Les chambres n'ont pas à apprécier l'opportunité des choix politiques des élus.

Selon la Cour des comptes, l’examen de la gestion porte sur :

  • la régularité des actes de gestion, c’est-à-dire la conformité au droit des opérations de dépenses et de recettes (l’achat a-t-il respecté les règles applicables à la commande publique ?) ;
  • l'économie des moyens mis en œuvre dans l’utilisation des fonds publics (l’objectif ou le programme défini par la collectivité aurait-il pu être réalisé à moindre coût ?) ;
  • l'évaluation des résultats atteints par rapport aux objectifs fixés par l'assemblée délibérante ou par l'organe délibérant, c’est-à-dire l’efficacité de l’action de la collectivité  (l’investissement réalisé par la collectivité a-t-il permis d’atteindre l’objectif fixé ?).

Les CRC peuvent être conduites à procéder à une évaluation des politiques publiques locales.

La Cour des comptes précise que cet examen permet à la chambre de formuler des observations répondant à un triple objectif :

Apporter une information aux élus locaux qui peuvent ainsi prendre connaissance d’éventuels dysfonctionnements ;
Contribuer à l’amélioration de la gestion des organismes contrôlés, en invitant leurs responsables à suivre les recommandations de la chambre, à corriger ou prévenir les dysfonctionnements relevés ;
Participer à la démocratie locale en informant le citoyen sur l’emploi des deniers publics.

Le rapport d’observations définitives de la chambre clôture l’examen de la gestion. Il comporte une synthèse, des constats et des recommandations.

La chambre adresse à l'ordonnateur un rapport d'observations provisoires (ROP), auquel il est invité à répondre dans un délai de deux mois. Une fois la réponse reçue, ou le délai écoulé sans réponse, la chambre arrête un rapport d'observations définitives (ROD) auquel une nouvelle réponse peut être apportée. Le rapport et la réponse doivent alors être communiqués à l'assemblée délibérante de la collectivité ou de l'organisme dès sa plus proche réunion. Passée cette date, ces documents deviennent des documents communicables à toute personne qui en fait la demande.

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