Taxe d'habitation

Fiscalité directe locale Gérer les finances publiques locales Direction générale des Finances publiques La cotisation foncière des entreprises (CFE) correspond à l’ancienne part foncière de la taxe professionnelle. Les redevables sont les mêmes que ceux qui étaient soumis à la taxe professionnelle. Le taux de CFE est voté librement par les assemblées délibérantes des communes ou des EPCI, sous réserve des règles de liens entre les taux des taxes directes locales. Désactivé

L'État établit l'assiette et recouvre la taxe d'habitation au profit de la collectivité bénéficiaire. La taxe d'habitation est encaissée par le réseau de la DGFiP.

Votre collectivité bénéficie d'avances mensuelles de l'État sur la recette attendue (ou produit attendu) de la taxe d'habitation. Leur montant est fixe, à raison d'1/12e de la recette votée par votre collectivité. Elles sont versées tous les 20 du mois environ.

L'administration fiscale transmet à la collectivité les bases de chacun des impôts locaux sur un document unique : l'état 1259. En fonction de ses prévisions budgétaires, la collectivité fixe le montant de la recette de taxe d'habitation attendue pour l'année. L'assemblée délibérante peut ainsi voter une hausse ou une baisse du taux de la taxe. Toutefois, elle ne pourra le faire qu'à condition de respecter les règles de plafonds.

Une fois les taux votés, votre collectivité peut donc transmettre l'état 1259 aux services de la DGFiP via la préfecture pour le 15 avril.

Champ d'application

Personnes physiques ou morales ayant la disposition de locaux meublés affectés à l'habitation et de leurs dépendances et de certains locaux occupés par les collectivités privées ou publiques au 1er janvier de l'année d'imposition.

Exonérations

La loi prévoit d'exonérer certaines activités de manière permanente mais donne également la faculté aux collectivités d'accorder ou de s'opposer à tout ou partie d'une exonération de la CFE.

Locaux exonérés

  • les locaux passibles de la cotisation foncière des entreprises lorsqu’ils ne font pas partie de l’habitation personnelle des contribuables
  • les bâtiments servant aux exploitations rurales
  • les locaux destinés au logement des élèves dans les écoles et pensionnats
  • les bureaux des fonctionnaires publics
  • certains locaux affectés au logement des étudiants
  • certains locaux affectés aux hébergements de tourisme situés dans les zones de revitalisation rurale, sur délibération de la commune

Personnes exonérées

  • les établissements publics scientifiques, d’enseignement et d’assistance, ainsi que le Centre national de la fonction publique territoriale et les centres de gestion de la fonction publique territoriale
  • les diplomates de nationalité étrangère pour leur résidence officielle
  • les personnes de condition modeste :
    • titulaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées ou de l’allocation supplémentaire d’invalidité
    • titulaires de l’allocation aux adultes handicapés disposant de faibles revenus
    • personnes âgées de plus de 60 ans, ou infirmes, ou veuves, disposant de faibles revenus

Dégrèvements

  • Plafonnement de la cotisation de taxe d’habitation par rapport au revenu
  • Dégrèvement d’office total pour les gestionnaires de foyers de jeunes travailleurs, de foyers de travailleurs migrants et de logements-foyers dénommés résidences sociales
  • Dégrèvement temporaire en faveur des personnes relogées en raison de la démolition de leur logement

Surtaxe sur les résidences secondaires

L'article 1407 ter du CGI prévoit une majoration de cotisation communale de taxe d'habitation sur les logements meublés non affectés à l'habitation principale (« Majoration résidences secondaires »). Elle est applicable dans les seules communes mentionnées au premier alinéa du I de l'article 232 du CGI, c'est-à-dire sur le même périmètre que celui de la taxe annuelle sur les logements vacants. Selon les dispositions du I de l'article 1407 ter du CGI, l'institution de la majoration est subordonnée à une délibération du conseil municipal.

Depuis 2017, les communes peuvent voter une majoration comprise entre 5 % et 60 % de la cotisation de taxe d'habitation.

Base d'imposition

Valeur locative cadastrale diminuée d’abattements (pour les habitations principales) :

  • obligatoires (personnes à charge)
  • facultatifs (général, spécial pour les personnes de condition modeste ou pour les personnes handicapées ou invalides)

Réduction de la valeur locative pour les locaux affectés exclusivement à l’hébergement des salariés agricoles saisonniers et des apprentis.

Bénéficiaires

  • Communes et établissements publics de coopération intercommunale (EPCI)
  • Établissements publics fonciers

Taux d'imposition

Les taux sont votés librement par les assemblées délibérantes des communes ou des EPCI, sous réserve des règles de liens entre les taux des taxes directes locales prévues à l’article 1636 B sexies du code général des impôts.

Les taux des taxes additionnelles se rajoutant aux taux votés sont calculés à partir des produits votés (syndicats, EPF, etc.)

Modalité d'établissement de la taxe d'habitation

Pour asseoir la taxe d'habitation, les services des impôts des particuliers (SIP) doivent rechercher les modifications affectant d’une année sur l’autre la situation des personnes et des locaux imposables. La source principale d’informations est la déclaration de revenus souscrite chaque année par le redevable :

  • elle comporte l’adresse du redevable au 1er janvier de l’année du dépôt de la déclaration de revenus. La taxe d’habitation est établie en fonction de la situation au 1er janvier de cette même année (principe de l’annualité) ;
  • le contribuable y indique :
    • s’il est propriétaire, locataire, occupant à titre gratuit de son logement ;
    • le nombre d’enfants à sa charge et ses revenus, ce qui permet d’établir la taxe d'habitation en tenant compte des éléments de personnalisation du redevable.

Les SIP disposent également d’autres sources d’informations :

  • demandes de renseignements adressées aux occupants et aux propriétaires
  • renseignements fournis par les services municipaux, les bailleurs…
  • opérations ponctuelles de recensement

Calendrier d'émission des rôles de taxe d'habitation

Calendrier des dates d'émission des rôles de taxe d'habitation

Calendrier

Action

Avril à juin

Dépôt des déclarations (ou déclarations en ligne) de revenus par les contribuables.

Avril à septembre

Travaux d’émission et de mise à jour de l’impôt sur le revenu et de la taxe d’habitation :

- exploitation des déclarations de revenus ;
- recherche de renseignements complémentaires ;
- mise à jour des articles TH seuls (personnes morales, résidences secondaires).

30 septembre

Envoi des avis d’impôt aux contribuables taxés au premier rôle de taxe d'habitation (environ 2/3 des redevables).

31 octobre

Envoi des avis d’impôt aux contribuables taxés au second rôle (résidences secondaires, personnes morales, personnes pour lesquelles des recherches complémentaires ont dû être effectuées).

15 novembre

Date limite de paiement du premier rôle.

15 décembre

Date limite de paiement du second rôle.

Aucun

IFER - Imposition forfaitaire des entreprises en réseau

Fiscalité directe locale Gérer les finances publiques locales Direction générale des Finances publiques Désactivé

Champ d'application

L'IFER s’applique à certaines catégories de biens, chacune des composantes de l’IFER correspondant à une catégorie de biens.

Il existe 10 composantes de l’IFER :

  • imposition sur les éoliennes et hydroliennes ;
  • imposition sur les installations de production d'électricité d'origine nucléaire ou thermique à flamme ;
  • imposition sur les centrales de production d'électricité d'origine photovoltaïque ou hydraulique ;
  • imposition sur les transformateurs électriques ;
  • imposition sur les stations radioélectriques ;
  • imposition sur les installations gazières et sur les canalisations de transport de gaz naturel, d'autres hydrocarbures et de produits chimiques ;
  • imposition sur le matériel ferroviaire roulant utilisé sur le réseau ferré national pour les opérations de transport de voyageurs ;
  • imposition sur certains matériels roulants utilisés sur les lignes de transport en commun de voyageurs en Île-de-France ;
  • imposition sur les répartiteurs principaux de la boucle locale cuivre et sur les réseaux de communications électroniques en fibre optique et en câble coaxial ;
  • imposition sur les installations de production d’électricité d'origine géothermique.

Bénéficiaires

  • communes, départements, régions
  • EPCI à fiscalité propre
  • établissement public de la Société du Grand Paris (MGP)

Répartition du produit des IFER

Répartition entre les différentes collectivités selon des quotités différentes
 

En présence d'une commune isolée

En présence d'un EPCI à fiscalité additionnelle (FA)

En présence d'un EPCI à fiscalité professionnelle de zone (FPZ)

En présence d'un EPCI à fiscalité éolienne unique (FEU)

En présence d'un EPCI à fiscalité professionnelle unique (FPU) ou MGP

éoliennes

(art. 1519 D)

20 % commune

80 % département

20 % commune

50 % EPCI

30 % département

Éoliennes installées avant le 1er janvier 2019 :

70 % EPCI ou MGP

30 % département

Éoliennes installées à compter du 1er janvier 2019 :

20 % commune

50 % EPCI ou MGP

30 % département

hydroliennes

(art. 1519 D)

50 % commune

50 % département

50 % EPCI ou MGP

50 % département

centrales nucléaires ou thermiques à flamme

(art. 1519 E)

50 % commune

50 % département

50 % EPCI ou MGP

50 % département

centrales photovoltaïques ou hydrauliques

(art.1519 F)

50 % commune

50 % département

50 % EPCI ou MGP

50 % département

Centrales photovoltaïques installées à partir du 1er janvier 2023 :

20 % communes

50 % EPCI

30 % départements

transformateurs électriques

(art.1519 G)

100 % commune

100 % EPCI ou MGP

stations radio-électriques

(art.1519 H)

2/3 commune

1/3 département

2/3 EPCI ou MGP

1/3 Département

installations de gaz naturel liquéfié

(art. 1519 HA)

100 % commune

100 % EPCI ou MGP

stations de compression du réseau de transport de gaz naturel

(art. 1519 HA)

100 % commune

100 % EPCI ou MGP

stockages souterrains de gaz naturel

(art. 1519 HA)

50 % commune

50 % département

50 % commune

50 % EPCI

100 % EPCI ou MGP

canalisations de transport de gaz, autres hydrocarbures et produits chimiques

(art. 1519 HA)

50 % commune

50 % département

50 % EPCI ou MGP

50 % département

installations de production d'électricité d'origine géothermique

(art. 1519 HB)

60 % commune

40 % région

 

matériel roulant utilisé sur le réseau ferré national

(art. 1599 quater A)

100 % région

boucle locale cuivre

(art. 1519 quater B)

100 % région

Le produit de la composante de l’IFER sur certains matériels roulants utilisés sur les lignes de transport en commun de voyageurs en île-de-France (art. 1599 quater A bis du CGI) est affecté à l’établissement public de la Société du Grand Paris dans la limite du plafond fixé à 76 millions €. Le surplus éventuel est reversé au budget général de l’État.

Reversement du produit de l’IFER éolien d’un EPCI à ses communes membres

Un EPCI à FA peut verser une attribution visant à compenser les nuisances environnementales (4 du III de l’article 1609 quinquies C du CGI) ou une partie du montant perçu de la fiscalité éolienne à la commune d’implantation des éoliennes.

Un EPCI à FPU qui souhaite reverser à ses communes membres le surplus de fiscalité émanant de ces installations particulières peut décider avec l'accord des communes intéressées, de procéder à une révision libre des attributions de compensation (1° bis du V de l'article 1609 nonies C du CGI).

Redevables

Le redevable de l’imposition est l’exploitant ou le propriétaire. Il s’agit de certaines entreprises exerçant leur activité dans les secteurs :

  • de l’énergie ;
  • du transport ferroviaire ;
  • des télécommunications.

Montant de l’IFER

L’IFER est dû chaque année au 1er janvier de l’année d’imposition.

Les montants et tarifs de chacune des composantes de l'IFER sont revalorisés chaque année selon le taux prévisionnel, associé au projet de loi de finances de l'année, d'évolution des prix à la consommation des ménages, hors tabac, pour la même année (article 1635-0 quinquies du CGI).

  • Taux 2023 : 4,3 %

IFER sur les éoliennes et les hydroliennes

Sont concernées les installations dont la puissance est supérieure à 100 kilowatts.

  • Tarif 2023 : 8,16 € par kilowatt

Éoliennes

Puissance électrique

IFER due en 2023

A

130

(8,16 € x 130) = 1 060,8 €

B

80

0 € car puissance en dessous du seuil de taxation

IFER sur les installations nucléaires ou thermiques à flamme

Sont concernées les centrales dont la puissance électrique est supérieure ou égale à 50 mégawatts.

  • Tarif 2023 : 3 394 € par mégawatt
 

Puissance électrique

IFER due en 2023

installation nucléaire

1 100

(3 394 € x 1 100) = 3 733 400 €

installation thermique à flamme

300

(3 394 € x 300) = 1 018 200 €

IFER sur les centrales photovoltaïques ou hydrauliques

Sont concernées les installations dont la puissance est supérieure à 100 kilowatts.

Tarifs 2023 :

  • origine hydraulique : 3,394 €/kW
  • origine photovoltaïque (centrales mises en service après 2021) : 8,16 €/kW
  • origine photovoltaïque  (centrales mises en service avant 2021): 3,394 €/kW

Centrales photovoltaïques

Puissance électrique

IFER due en 2023

A

50

0 € car puissance en dessous du seuil de taxation

B

180

(8,16 € x 180) = 1 468,8 €

IFER sur les transformateurs électriques

Sont concernés les transformateurs électriques dont la tension en amont est supérieure ou égale à 50 kilovolts.

La tension en amont s’entend de la tension électrique en entrée du transformateur.

Tarif 2023 (par transformateur) :

  • supérieure à 50 et inférieure ou égale à 130 : 15 731 €
  • supérieure à 130 et inférieure ou égale à 350 : 54 768 €
  • supérieure à 350 : 161 385 €
 

Tension en amont en KV

Installation en service

IFER due en 2023

transformateur A

100

Non

15 731 €

transformateur B

300

Oui

54 768 €

IFER sur les stations radioélectriques

Sont concernées les personnes qui disposent d’une station radioélectrique dont la puissance impose un avis, un accord ou une déclaration à l’Agence nationale.

L’IFER comporte plusieurs tarifs en fonction de la nature des stations :

Tarifs 2023 :

  • tarif de droit commun  : 1 782 € par station électrique
  • tarif de 178,20 € (émetteurs qui ne sont soumis qu’à une simple déclaration auprès de l'ANFR)
  • tarif de 891 € ou 89,10 € (stations qui ont fait l’objet d’un avis, d’un accord ou d’une déclaration à l’ANFR et qui assurent la couverture de zones blanches)
  • tarif réduit de 75 % pour les nouvelles stations au titre des trois premières années d'imposition

IFER sur les installations gazières

Sont concernées les installations de gaz naturel liquéfié (GNL), les canalisations de transport de gaz naturel, d’autres hydrocarbures et de produits chimiques.

Les tarifs de l’IFER varient en fonction de l’équipement :

Tarifs 2023 :

  • 2 913 113 € par installation GNL dont la capacité de stockage est supérieure ou égale à 100 000 m³ (638 998 € si la capacité de stockage est inférieure ou égale à 100 000 m³)
  • 565 € par km de canalisation de transport de produits chimiques
  • 582 € par km de canalisation de transport d’autres hydrocarbures
  • 582 € par km de canalisation de transport de gaz naturel
  • 582 622 € par site de stockage souterrain de gaz naturel
  • 116 524 € par station de compression de gaz naturel

IFER sur le matériel ferroviaire roulant

Sont concernés les matériels roulants utilisés sur le réseau ferré national pour des opérations de transport de voyageurs.

Le tarif est fixé en fonction de la nature et de l’utilisation du matériel roulant.

Tarifs 2023 :

  • Engins à moteur thermique :
    • automoteur : 34 957 €
    • locomotive diesel : 34 957 €
  • Engins à moteur électrique :
    • automotrice : 26 801 €
    • locomotive électrique : 23 306 €
    • motrice de matériel à grande vitesse : 40 785 €
    • automotrice tram-train : 13 403 €
  • Engins remorqués :
    • remorque pour le transport de voyageurs : 5 594 €
    • remorque pour le transport de voyageurs à grande vitesse : 11 652 €
    • remorque tram-train : 2 796 €

IFER sur le matériel ferroviaire roulant utilisé sur les lignes de transport en commun de voyageurs d’île-de-France

Sont concernés certains matériels roulants utilisés sur les lignes de transport en commun de voyageurs en Île-de-France.

Le tarif est fixé en fonction de la nature et de l’utilisation du matériel roulant.

Tarifs 2023 :

  • Métro :
    • motrice et remorque : 14 286 €
  • Autre matériel :
    • automotrice et motrice : 26 801 €
    • remorque : 5 594 €

IFER sur les répartiteurs principaux de la boucle locale de cuivre

Sont concernés les répartiteurs principaux de la boucle locale cuivre. La boucle locale correspond à l'installation qui relie le point de terminaison du réseau dans les locaux de l'abonné au répartiteur principal ou à toute autre installation équivalente d'un réseau de communications électroniques fixe ouvert au public.

Lorsque le montant du produit total de l'IFER relative aux répartiteurs principaux de la boucle locale cuivre et aux réseaux de communications électroniques en fibre optique et en câble coaxial perçu au titre d'une année est inférieur à 400 millions d'euros, le tarif applicable au titre de l'année suivante à chacun de ces éléments est majoré par un coefficient égal au quotient d'un montant de 400 millions d'euros par le montant du produit perçu (loi n° 2010-1657 du 29 décembre 2010 de finances pour 2011, art. 112, III).

Compte tenu du produit de cette composante de l'IFER perçu au titre de l'année 2022, le coefficient de majoration du tarif pour l'année 2023 est de 1,11842.

  • Tarif 2023 : 19,04 € par ligne en service

IFER sur les installations de production d’électricité d'origine géothermique

Sont concernées les installations dont la puissance électrique installée est supérieure ou égale à 12 mégawatts.

  • Tarif 2023 : 25,03 € par kilowatt pour chacune des installations imposables

Modalités de paiement

La gestion et le recouvrement de l’ensemble des composantes de l’IFER sont régis comme en matière de contribution foncière des entreprises (CFE).

L’ensemble des composantes de l’IFER est adossé à l’avis d’imposition de CFE.

Aucun

CVAE - Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises

Fiscalité directe locale Gérer les finances publiques locales Direction générale des Finances publiques La cotisation foncière des entreprises (CFE) correspond à l’ancienne part foncière de la taxe professionnelle. Les redevables sont les mêmes que ceux qui étaient soumis à la taxe professionnelle. Le taux de CFE est voté librement par les assemblées délibérantes des communes ou des EPCI, sous réserve des règles de liens entre les taux des taxes directes locales. Désactivé

Champ d'application

Les entreprises ne peuvent être soumises à la CFE à raison de leurs activités qui ne sont soumises ni à l'impôt sur le revenu, ni à l'impôt sur les sociétés en raison des règles de territorialité propres à ces impôts.

« Les personnes physiques ou morales ainsi que les sociétés non dotées de la personnalité morale et les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d’un contrat de fiducie qui exercent une activité dans les conditions fixées aux articles 1447 et 1447 bis et dont le chiffre d’affaires est supérieur à 152 500 € sont assujetties à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. »

Exonérations

Article 1586 nonies du CGI

La valeur ajoutée des établissements exonérés de CFE est exonérée facultativement de CVAE pour la quote-part et la durée prévue en matière de CFE, soit sur délibération de la collectivité soit en l’absence d’opposition par la collectivité.

L’exonération est accordée sur demande des entreprises.

Dégrèvements

Article 1586 quater du CGI

« Les entreprises bénéficient d’un dégrèvement de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. Les entreprises dont le chiffre d’affaires est strictement inférieur à 500 000 € bénéficient, lorsqu’elles ne sont pas membres, sous certaines conditions, d’un groupe fiscal intégré, d’un dégrèvement total de cette cotisation. »

Il est égal à la différence entre le montant de cette cotisation calculée au taux de 0,75 % et l’application à la base d’imposition du taux d’imposition effectif (voir ci-dessous).

Il est précisé que les entreprises dont le chiffres d’affaires est inférieur à 2 000 000 € bénéficient d’un dégrèvement supplémentaire de 500 €, et que la CVAE due par toute entreprise réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 500 000 € ne peut être inférieur à 125 € à la suite de l’application de ce dégrèvement.

Base d'imposition

Article 1586 sexies du CGI

Il s'agit de la valeur ajoutée produite au cours de la période de référence.

Le montant de la valeur ajoutée, définie à l’article 1586 sexies du CGI, correspond au calcul effectué au titre de la période de référence sur les tableaux de la série E des imprimés des liasses fiscales (BIC, IS, BNC et RF). Ce montant tient compte des exonérations de plein droit, permanentes ou temporaires, applicables à la cotisation foncière des entreprises (CFE), ces exonérations s’appliquant également à la CVAE (article 1586 ter II du CGI).

En revanche, il ne doit pas être tenu compte ici des exonérations facultatives (sur la notion d’exonération facultative, cf. BOI-CVAE-CHAMP-20-10-20220209).

Période de référence

Article 1586 quinquies du CGI

Dans la majorité des situations, la CVAE est déterminée en fonction du chiffre d’affaires réalisé et de la valeur ajoutée produite au cours de l’année au titre de laquelle l’imposition est établie ou au cours du dernier exercice de douze mois clos au cours de cette même année lorsque cet exercice ne coïncide pas avec l’année civile.

Bénéficiaires

Articles 1379 et 1379 bis du CGI

  • Communes et EPCI à fiscalité propre (EPCI – 53 %). Les EPCI à fiscalité propre peuvent percevoir la CVAE en lieu et place de leur commune membre s’ils relèvent de l’article 1609 nonies C (EPCI à fiscalité professionnelle unique – FPU –) ou de l’article 1609 quinquies C (EPCI à fiscalité professionnelle de zone – FPZ –) sur la zone d’activité économique ou sur les installations de production d’électricité utilisant l’énergie mécanique du vent (EPCI à fiscalité éolienne unique – FEU –).
  • Départements (47 %).

Modalité d'établissement de la cotisation foncière des entreprises

Article 1586 quater du CGI

Le taux d’imposition est théoriquement fixé à 0,75 % de la valeur ajoutée définie ci-dessus. Cependant, les entreprises dont le chiffre d’affaires n’excède pas 50 000 000 € bénéficient d’un dégrèvement.

En conséquence, il est fait application directement, pour des raisons pratiques et de simplification pour les entreprises, sans demande du redevable, du barème progressif et variable selon le chiffre d’affaires réalisé par l’entreprise.

Le taux effectif d’imposition de CVAE est le suivant :

Tableau des taux d'imposition

Chiffre d'affaires (CA € HT)

Taux effectif d'imposition

< 500 000

0 %

500 000 ≤ CA ≤ 3 000 000

0,25 % x (CA – 500 000) / 2 500 000

3 000 000 < CA ≤ 10 000 000

0,25 % + 0,45 % x (CA - 3 000 000) / 7 000 000

10 000 000 < CA ≤ 50 000 000

0,7 % + 0,05 % x (CA - 10 000 000) / 40 000 000

CA > 50 000 000

0,75 %

 

Tableau des dates de liquidation de la CVAE

Calendrier

Action

2e jour ouvré qui suit le 1er mai

Dépôt des déclarations n° 1330-CVAE (déclaration de la valeur ajoutée et des effectifs salariés de N-1).

Cette déclaration sert à la répartition entre les collectivités et les EPCI à fiscalité propre des montants de CVAE encaissés en N et versés en N+1 aux collectivités.

Dépôt de la déclaration de liquidation définitive de la CVAE due au titre de N-1 sur la déclaration n° 1329-DEF (paiement du solde ou restitution dans les 60 jours de l’excédent de versement).

15 juin N

1er acompte de CVAE déclaré et payé à partir du relevé n° 1329-AC (50 % du montant dû au titre de N-1 mais déterminé à partir de la dernière déclaration de résultats exigée).

15 septembre N

2nd acompte de CVAE déclaré et payé à partir du relevé n° 1329-AC (50 % du montant dû au titre de N-1 mais déterminé à partir de la dernière déclaration de résultats exigée).

Autres ressources

Aucun

Cotisation foncière des entreprises

Fiscalité directe locale Gérer les finances publiques locales Direction générale des Finances publiques La cotisation foncière des entreprises (CFE) correspond à l’ancienne part foncière de la taxe professionnelle. Les redevables sont les mêmes que ceux qui étaient soumis à la taxe professionnelle. Le taux de CFE est voté librement par les assemblées délibérantes des communes ou des EPCI, sous réserve des règles de liens entre les taux des taxes directes locales. Désactivé

Champ d'application

Les entreprises ne peuvent être soumises à la CFE à raison de leurs activités qui ne sont soumises ni à l'impôt sur le revenu, ni à l'impôt sur les sociétés en raison des règles de territorialité propres à ces impôts.

« La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales ou par les sociétés non dotées de la personnalité morale qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. »

Exonérations

Articles 1449 et suivants du CGI

La loi prévoit d'exonérer certaines activités de manière permanente mais donne également la faculté aux collectivités d'accorder ou de s'opposer à tout ou partie d'une exonération de la CFE.

Exonérations permanentes

À titre d'exemple, les activités suivantes bénéficient d'une exonération permanente :

  • Activités ayant essentiellement un caractère culturel, éducatif, sanitaire, social, sportif ou touristique, exercées par l'État, les collectivités territoriales et les établissements publics
  • Activités et organismes agricoles
  • Certaines activités artisanales assimilées
  • Certaines activités à caractère social
  • Certaines activités non commerciales (artistes lyriques et dramatiques, photographes d'art...)

Exonérations facultatives, qui peuvent être permanentes ou temporaires

À titre d'exemple :

  • Exonérations dans le cadre de l'aménagement du territoire (créations d'établissements, extension...)
  • Exonérations dans le cadre de la politique de la ville
  • Exonérations en faveur des entreprises nouvelles

Dégrèvements

Articles 1647 B sexies, 1647 C septies et 1647 bis du CGI

  • Plafonnement en fonction de la valeur ajoutée
  • En cas de cessation d'activité en cours d'année
  • En cas de diminution des bases

Base d'imposition

Articles 1467 et suivants du CGI

  • Valeur locative des biens passibles de taxe foncière
  • Des réductions sont applicables sur la base d'imposition

Cotisation minimum

Article 1647 D du CGI

Tous les redevables sont assujettis à une cotisation minimum établie au lieu de leur principal établissement à l’exception des redevables réalisant un chiffre d’affaires ou de recettes inférieures ou égal à 5 000 € qui sont dès lors exonérés de cotisation minimum. 

Cette base minimum est fixée ou modifiée sur délibération des communes ou des EPCI à fiscalité propre si ce dernier perçoit la taxe en lieu et place de la commune.

Année de référence

Article 1467 A du CGI

Dans la majorité des cas, il s'agit de l'avant-dernière année précédant l'année d'imposition.

Dans le cas d'un exercice comptable ne coïncidant pas avec l'année civile, la période de référence est constituée par le dernier exercice de 12 mois clos au cours de cette même période.

Bénéficiaires

Articles 1379 et 1379 bis du CGI

  • Communes et EPCI
  • Établissements publics fonciers (EPF)
  • Organismes consulaires (chambres de métiers et de l'artisanat, chambres de commerce et d'industrie) au titre de la taxe additionnelle

Taux

Article 1639 A du CGI

Les taux sont votés librement par les assemblées délibérantes des communes ou des EPCI, sous réserve des règles de liens entre les taux des taxes directes locales prévues à l'article 1636 B sexies du CGI.

Les taux des taxes additionnelles se rajoutant aux taux votés par les communes et les EPCI sont fixés par la loi ou calculés à partir des produits votés par les établissements publics fonciers (EPF), les organismes consulaires.

Modalité d'établissement de la cotisation foncière des entreprises

Le recensement des redevables et la détermination de l'assiette sont effectués par les services des impôts des entreprises (SIE) à partir des : 

  • Liasses des centres de formalités des entreprises (CFE) : elles actent les événements qui affectent la vie juridique de l'entreprise (création, transformation, cession, cessation), et sont souscrites auprès du centre de formalités des entreprises qui transmet aux partenaires intéressés (DGFiP, INSEE) l'exemplaire qui lui est destiné ;
  • Déclarations des redevables : depuis la suppression de la taxe professionnelle, il n'y a pas de déclaration annuelle à effectuer. Par exception :
    • une déclaration (n° 1447-C) doit être déposée au plus tard le 31 décembre pour les établissements créés ou repris en cours d'année ;
      • une déclaration (n° 1447-M) doit être déposée avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai par les entreprises qui :
        • demandent à bénéficier d'une exonération (aménagement du territoire...) ;
        • souhaitent signaler un changement de consistance ou de modification de la surface des biens soumis à la CFE ;
  • Renseignements en possession du service (valeur locative foncière des immeubles...) ;
  • Renseignements fournis par les communes.

Calendrier d'émission des rôles de CFE

Tableau du calendrier d'émission des rôles de CFE

Calendrier

Action

2° jour ouvré qui suit le 1er mai

Dépôt des déclarations n° 1447 M-SD (demande d’exonération / changements de consistance ou de surface du local d’exploitation).

Décembre N-1

Dépôt des déclarations n° 1447-C par les établissements créés ou repris en cours d’année N-1.

Décembre N-1 / Janvier N

Détermination des bases imposables par établissements.

31 mai N

Exigibilité de l’acompte de CFE-IFER (50 % du montant dû au titre de N-1) réclamé aux redevables non mensualisés dont le montant de CFE de l’année précédente (éventuellement complété des montants dus au titre des IFER et des taxes annexes) a atteint au moins 3 000 euros.

15 juin N

Date limite de paiement pour l’acompte de CFE-IFER par un moyen de paiement dématérialisé.

Fin octobre N

Mise en recouvrement du rôle général au 31 octobre.

Les avis d’impôt de CFE-IFER sont consultables en ligne à partir de début novembre (mi-novembre pour les établissements ayant opté pour le paiement mensualisé de leur cotisation et plus tard en cas de rôle différé).

Les avis d’impôt de CFE-IFER sont consultables à partir de fin octobre (mi-novembre pour les établissements ayant opté pour le paiement mensualisé de leur cotisation et plus tard en cas de rôle différé).

15 décembre N

Date limite de paiement

Les entreprises redevables qui n’ont pas déjà opté pour le prélèvement automatique (mensuel ou à l’échéance) peuvent payer leur cotisation en adhérant au prélèvement à l’échéance ou en optant paiement direct en ligne (télérèglement).

Les avis d’acompte et d’impôt de CFE-IFER ne sont plus envoyés par voie postale aux entreprises à l’exception des avis des établissements pour lesquels l’affichage dans le compte professionnel n’est pas possible pour des raisons techniques.

Ces entreprises doivent se rendre dans leur espace professionnel afin de consulter leur avis et régler le montant de la cotisation mise en recouvrement (déduction faite des acomptes éventuellement acquittés).

L’acompte de CFE-IFER n’est réclamé qu’aux redevables non mensualisés dont le montant de CFE de l’année précédente (éventuellement complété des montants dus au titre des IFER et des taxes annexes) a atteint au moins 3 000 euros.

Depuis le 1er octobre 2014, le recours aux moyens de paiement dématérialisé est obligatoire pour acquitter la CFE. Pour le règlement de l’acompte, les entreprises redevables peuvent opter pour l’un des trois moyens mis à leur disposition : le prélèvement mensuel ou à l’échéance ou le paiement direct en ligne (télérèglement).

Autres ressources

Aucun

Les commissions des impôts directs

Fiscalité directe locale Gérer les finances publiques locales Direction générale des Finances publiques Activé

Les articles 1650 et 1650 A du code général des impôts (CGI) prévoient l’institution dans chaque commune d’une commission communale des impôts directs (CCID) et dans chaque établissement public de coopération intercommunale à fiscalité professionnelle unique d’une commission intercommunale des impôts directs (CIID).

Pour aller plus loin, se reporter au BOFiP BOI-CF-CMSS-10-20120912.

Commission communale des impôts directs (CCID)

Composition

L'article 1650 du CGI prévoit la création d'une commission communale des impôts directs (CCID) dans chaque commune.

La CCID est composée de 7 membres : le maire ou l'adjoint délégué, président, et 6 commissaires. Dans les communes de plus de 2000 habitants, le nombres de commissaires est porté de 6 à 8 (soit 9 membres au total).

Les commissaires doivent :

  • être de nationalité française ou ressortissants d'un État membre de l'Union européenne ;
  • avoir au moins 18 ans ;
  • jouir de leurs droits civils ;
  • être inscrits sur l'un des rôles d'impôts directs locaux dans la commune ;
  • être familiarisés avec les circonstances locales, et posséder des connaissances suffisantes pour l'exécution des travaux de la commission

Pour mémoire, depuis le précédent renouvellement, l’obligation de désigner un commissaire extérieur à la commune ou propriétaire de bois est supprimée. Il appartient au maire de vérifier que les personnes proposées sont effectivement inscrites sur l’un des rôles d’impôts directs locaux de la commune.

Aux termes des articles 1732 (b) et 1753 du CGI, ne peuvent être admises à participer aux travaux de la commission les personnes :

  • qui, à l’occasion de fraudes fiscales ou d’oppositions au contrôle fiscal, ont fait l’objet d’une condamnation, prononcée par le tribunal, à l’une des peines prévues aux articles du CGI visés par l’article 1753 du même code ;
  • ayant été concernées par une procédure d'évaluation d'office prévue à l'article L. 74 du livre des procédures fiscales, par suite d'opposition à contrôle fiscal du fait du contribuable ou de tiers.

Ces derniers contrôles seront réalisés par la direction régionale/départementale des finances publiques.

Désignation des commissaires

Les 6 (ou 8) commissaires, et leurs suppléants en nombre égal, sont désignés par le directeur régional/départemental des finances publiques (DR/DFiP) sur une liste de contribuables en nombre double dressée par le conseil municipal.

La liste de propositions établie par délibération du conseil municipal doit donc comporter 24 (ou 32) noms :

  • 12 noms pour les commissaires titulaires (16 dans les communes de plus de 2 000 habitants) ;
  • et 12 noms pour les commissaires suppléants (16 dans les communes de plus de 2 000 habitants).

La désignation des commissaires intervient dans les deux mois suivant le renouvellement général des conseils municipaux.

À défaut de proposition, les commissaires sont nommés d’office par le DR/DFiP, un mois après la mise en demeure de délibérer adressée au conseil municipal. Si la liste fournie par la collectivité est incomplète ou contient des personnes ne remplissant pas les conditions pour être désignées commissaires, le DR/DFiP peut, sans mise en demeure, procéder à des désignations d’office.

En cas de décès, démission ou révocation de trois au moins des membres titulaires de la commission, il est procédé à de nouvelles nominations en vue de les remplacer.

Le mandat des commissaires ainsi désignés prend fin avec celui des commissaires choisis lors du renouvellement général du conseil municipal.

Renouvellement de la commission

À l’issue des élections municipales, les CCID doivent être renouvelées intégralement même si le maire ou les conseillers municipaux restent inchangés ou si les précédents commissaires souhaitent toujours siéger en CCID.

Le renouvellement se déroule en plusieurs étapes :

  • étape 1 : après l’installation du conseil municipal, le directeur régional/départemental des finances publiques (DR/DFiP) invite le maire à proposer une liste de membres, en nombre double, répondant aux conditions pour siéger en tant que commissaires. Cette liste doit être établie à l’issue d’une délibération du conseil municipal.

    Le courrier invitant le maire à proposer des membres sera déposé sur le Portail Internet de la Gestion Publique (PIGP) dans la semaine du 30 mars 2026. Ce courrier comporte un tableau au format pdf remplissable permettant au maire de renseigner l’identité des personnes proposées. Ce tableau, complété, doit être renvoyé à l’adresse courriel portée sur le courrier d’invitation. À défaut, un envoi papier pourra être effectué.

  • étape 2 : en l’absence de proposition dans le délai d’un mois, le DR/DFiP adresse une mise en demeure de délibérer à l’organe délibérant ;
  • étape 3 : après vérification des conditions requises, le DR/DFiP procède à la désignation des commissaires à partir de la liste fournie par le maire. Il peut, dans certaines situations, être amené à procéder à des désignations d’office.

Le DR/DFiP en informe ensuite le maire, chargé de notifier la décision aux commissaires retenus.

Rôle de la commission

La CCID intervient surtout en matière de fiscalité directe locale et :

  • dresse, avec le représentant de l’administration, la liste des locaux de référence pour déterminer la valeur locative des biens affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une activité salariée à domicile, détermine leur surface pondérée et établit les tarifs d’évaluation correspondants (article 1503 du CGI) ;
  • participe à l’évaluation des propriétés bâties (article 1505 du CGI) ;
  • participe à l’élaboration des tarifs d’évaluation des propriétés non bâties ;
  • formule des avis sur des réclamations portant sur une question de fait relative à la taxe d’habitation et la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (article R. 198‑3 du livre des procédures fiscales).

Son rôle est consultatif. En cas de désaccord entre l’administration et la commission ou lorsque celle-ci refuse de prêter son concours, les évaluations sont arrêtées par l’administration fiscale.

Afin de mettre à jour les bases d’imposition des taxes locales, les services fiscaux opèrent un suivi permanent des changements relatifs aux propriétés non bâties et propriétés bâties de chaque commune qu’il s’agisse des constructions nouvelles, des démolitions, des additions de construction, des changements d’affectation, voire des rénovations conséquentes. Ce suivi est matérialisé sur les "listes 41" qui recensent toutes les modifications depuis la tenue de la dernière réunion. Ces listes 41 sont mises à disposition de la commune une fois par an sur le Portail Internet de la Gestion Publique (PIGP) ou, à défaut, envoyées sur support papier.

L’administration fiscale peut participer à la réunion de la CCID, mais cela n’est ni obligatoire, ni systématique. La fréquence de participation de l’administration fiscale à la CCID de chaque commune est déterminée en fonction des enjeux locaux.

L’article 1650-A du CGI  prévoit l’instauration d’une commission intercommunale des impôts directs (CIID) dans chaque établissement public de coopération intercommunale (EPCI) soumis de plein droit ou sur option au régime de la fiscalité professionnelle unique. Dans cette situation, la CIID se substitue à la CCID de chaque commune membre de l’EPCI en ce qui concerne les locaux professionnels, les biens divers et les établissements industriels. En présence d’une CIID, la CCID de chaque commune membre de l’EPCI reste compétente sur les locaux d’habitation et le non bâti.

Si la commune n’est pas membre d’un EPCI à FPU, elle reste compétente sur les locaux professionnels. Elle peut donc être amenée à donner son avis sur les coefficients de localisation qui visent à tenir compte de la situation particulière de la parcelle dans le secteur d’évaluation.

Pour plus d'informations, consulter la rubrique dédiée à la réforme des valeurs locatives.

Convocation de la commission

L’article 345 de l’annexe III au CGI prévoit que la CCID se réunit à la demande du directeur régional/départemental des finances publiques, ou le cas échéant de son délégué, et sur convocation du maire ou de l’adjoint délégué ou, à défaut, du plus âgé des commissaires titulaires.

Commission intercommunale des impôts directs (CIID)

Composition

L'article 1650-A du CGI prévoit l'institution d'une commission intercommunale des impôts directs (CIID) dans chaque établissement public de coopération intercommunale (EPCI) soumis de plein droit ou sur option au régime de la fiscalité professionnelle unique (FPU).

La CIID est composée de 11 membres : le président de l'EPCI ou un vice-président délégué et 10 commissaires.

Les commissaires doivent :

  • être français ou ressortissants d’un État membre de l’Union européenne ;
  • avoir au moins 18 ans ;
  • jouir de leurs droits civils ;
  • être inscrits aux rôles des impositions directes locales de l’EPCI ou des communes membres ;
  • être familiarisés avec les circonstances locales et posséder des connaissances suffisantes pour l’exécution des travaux de la commission.

Pour mémoire, depuis la précédente campagne de renouvellement, l’obligation de désigner un commissaire extérieur à l’EPCI est supprimée. 
Il appartient au président de l’EPCI de vérifier que les personnes proposées sont effectivement inscrites sur l’un des rôles d’impôts directs locaux de l’EPCI ou des communes membres.

Aux termes des articles 1732 (b) et 1753 du CGI ne peuvent être admises à participer aux travaux de la commission les personnes :

  • qui, à l’occasion de fraudes fiscales ou d’oppositions au contrôle fiscal, ont fait l’objet d’une condamnation, prononcée par le tribunal, à l’une des peines prévues aux articles du CGI visés par l’article 1753 du même code ;
  • ayant été concernées par une procédure d’évaluation d’office prévue à l’article L. 74 du livre des procédures fiscales, par suite d’opposition à contrôle fiscal du fait du contribuable ou de tiers.

Ces derniers contrôles seront réalisés par la direction régionale ou départementale des finances publiques.

Désignation des commissaires

Les 10 commissaires, et leurs suppléants en nombre égal, sont désignés par le directeur régional ou départemental des finances publiques (DR/DFiP) sur une liste de contribuables en nombre double remplissant les conditions précisées ci-dessus, dressée par l’organe délibérant de l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité professionnelle unique (FPU) sur proposition de ses communes membres.

La liste de propositions établie par l’organe délibérant de l’EPCI doit donc comporter 40 noms :

  • 20 noms pour les commissaires titulaires ;
  • et 20 noms pour les commissaires suppléants.

La désignation des membres de la CIID intervient dans les deux mois à compter de l’installation de l’organe délibérant de l’EPCI suivant le renouvellement des conseils municipaux.

À défaut de proposition, les commissaires sont nommés d’office par le DR/DFiP, un mois après la mise en demeure de délibérer adressée à l’organe délibérant de l’EPCI. Si la liste fournie par la collectivité est incomplète ou contient des personnes ne remplissant pas les conditions pour être désignées commissaires, le DR/DFiP peut, sans mise en demeure, procéder à des désignations d’office.

En cas de décès, démission ou révocation de 5 au moins des membres titulaires de la commission, il est procédé à de nouvelles nominations en vue de les remplacer.

Le mandat des commissaires ainsi désignés prend fin avec celui des commissaires choisis lors du renouvellement des délégués de l'organe délibérant de l'EPCI.

Renouvellement de la commission

À l’issue des élections intercommunales, les CIID doivent être renouvelées intégralement même si le président de l’EPCI à FPU ou les conseillers communautaires restent inchangés ou si les précédents commissaires souhaitent toujours siéger en CIID.

Le renouvellement se déroule en plusieurs étapes :

  • étape 1 : après l’installation de l’organe délibérant, le directeur régional/départemental des finances publiques (DR/DFiP) invite le président de l’EPCI à FPU à proposer une liste de membres, en nombre double répondant aux conditions pour siéger en tant que commissaires. Cette liste doit être établie à l’issue d’une délibération de l’organe délibérant.

    Le courrier invitant le président de l’EPCI à FPU à proposer des membres sera déposé sur le Portail Internet de la Gestion Publique (PIGP) dans la semaine du 20 avril 2026.
    Ce courrier comporte un tableau au format pdf remplissable permettant au président de renseigner l’identité des personnes proposées. Ce tableau, complété, doit être renvoyé à l’adresse courriel portée sur le courrier d’invitation. À défaut, un envoi papier pourra être effectué.

  • étape 2 : en l’absence de proposition à l’échéance du délai d’un mois, le DR/DFiP peut adresser une mise en demeure de délibérer à l’organe délibérant ;
  • étape 3 : après vérification des conditions requises, le DR/DFiP procède à la désignation des commissaires à partir de la liste fournie par le président de l’EPCI à FPU. Il peut, dans certaines situations, être amené à procéder à des désignations d’office. Le DR/DFiP en informe ensuite le président de l’EPCI à FPU, chargé de notifier la décision aux commissaires retenus.

Rôle de la commission

La CIID intervient en matière de fiscalité directe locale en ce qui concerne les locaux professionnels et biens divers en donnant son avis sur la mise à jour éventuelle des coefficients de localisation qui visent à tenir compte de la situation particulière de la parcelle dans le secteur d’évaluation.

Consulter la rubrique dédiée à la réforme des valeurs locatives

La CIID est également informée des modifications de valeur locative des établissements industriels évalués selon la méthode comptable. Son rôle est consultatif.

Convocation de la commission

L’article 346 B de l’annexe III au CGI prévoit que la CIID se réunit à la demande du directeur régional/départemental des finances publiques du département du siège de l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) ou de son délégué et sur convocation du président de l’EPCI ou du vice-président délégué, ou à défaut du plus âgé des commissaires dans un délai de deux mois à compter de cette demande.

Aucun Activé

Concours des collectivités à l'assiette des impôts directs locaux

Fiscalité directe locale Gérer les finances publiques locales Direction générale des Finances publiques Activé

Les impôts directs locaux établis par voie de rôles sont assis et recouvrés par les comptables de la Direction Générale des Finances Publiques.

En raison du caractère local de ces impositions, de leur impact sur les budgets locaux et de leur large publicité, les communes et les EPCI à fiscalité propre assistent les services des finances publiques dans les travaux de mise à jour.

La participation des collectivités territoriales est toutefois encadrée.

L’article L. 135 B du livre des procédures fiscales prévoit que l’administration fiscale doit transmettre chaque année aux collectivités territoriales et à leurs groupements les rôles généraux et les montants non recouvrés par voie de rôles des impôts directs locaux qui comportent les impositions émises à leur profit.

Ces données fiscales comportent des informations nominatives sur l’identité des redevables, leur adresse, leur base d’imposition.

Ces dispositions, tout en confirmant que l’administration des Finances publiques dispose d’une compétence exclusive en matière de gestion de l’assiette des impôts directs locaux et de contrôle fiscal, permettent aux collectivités et aux EPCI d’intervenir dans le recensement des bases des impositions directes locales en organisant des échanges mutuels d’informations utiles à cette fin entre elles et l’administration.

Par ailleurs, le législateur a autorisé cet échange d’information entre les collectivités locales et les EPCI à fiscalité propre sur leurs produits d’impôts.

Néanmoins les informations transmises aux collectivités locales et à leurs groupements dotés d’une fiscalité propre sont couvertes par le secret professionnel, et soumises aux dispositions de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés. Leur utilisation respecte les obligations de discrétion et de sécurité selon les modalités définies par décret en conseil d’État.

Une collaboration entre la DGFiP et les communes

En matière de taxe d’habitation

La DGFiP peut communiquer aux communes, à son initiative ou sur leur demande, la liste des locaux d’habitation recensés comme vacants dans les fichiers fiscaux et la liste des résidences secondaires, à l’exclusion de toute autre information. La commune connaît ainsi le nombre de logements vacants et leur localisation dans la commune et, dans le cas où un logement serait en réalité occupé, peut le signaler aux services des finances publiques pour qu’ils mettent à jour le fichier de taxe d’habitation.

Cette vérification par la commune peut être particulièrement intéressante pour les zones de grands ensembles immobiliers ou les secteurs à forte concentration de résidences secondaires, compte tenu des difficultés plus importantes de recensement rencontrées par les services des finances publiques.

En matière de taxes foncières

Les constructions nouvelles, les additions de construction et démolitions, les changements d’affectation font l’objet de déclarations des propriétaires dans les 90 jours de l’achèvement des travaux en vertu des dispositions de l’article 1406 du CGI.

Si la collectivité constate que ces situations n’ont pas été enregistrées dans les fichiers fiscaux, elle peut le signaler au service des impôts.

Les changements de caractéristiques physiques et d’environnement, les réhabilitations, certaines transformations intérieures (notamment celles sans changement d’affectation) ne font pas l’objet de déclarations du propriétaire, et sont donc recensés par le service du cadastre.

En matière de contribution économique territoriale

Les collectivités peuvent signaler à leur DRFiP/DDFiP de compétence les établissements qui se sont créés et qui ne sont pas au rôle de CFE ou absents du fichier de CVAE ou bien les cessations d’activités dès lors que cette information s’analyse comme un simple recensement des bases.

Les collectivités peuvent également signaler d’éventuelles anomalies dans les rôles en procédant par rapprochement des rôles de plusieurs années successives, ou des rôles avec les fichiers cadastraux.

Les commissions communale et intercommunale des impôts directs

La commission représente une source d’informations pour l’administration des finances publiques, en vue de l’actualisation de l’assiette de la fiscalité directe locale. 
Cliquez ici pour plus d'informations sur les commissions communales et intercommunales des impôts directs.

Une information fiscale encadrée par la loi

Le neuvième alinéa de l’article L. 135 B du LPF dispose que les collectivités et l’administration fiscale peuvent se communiquer mutuellement les informations nécessaires au recensement des bases des impositions directes locales.

Ces dispositions n’ont pour seul objet que de permettre aux collectivités locales d’échanger avec la DGFiP les données utiles à l’établissement des impositions qu’elles ont pu recueillir dans l’exercice de leurs diverses missions, mais ne les autorisent pas à collecter elles-mêmes des données fiscales, et ainsi exercer des missions d’assiette de l’impôt qui relèvent de la compétence exclusive de la DGFiP, mission qui relève des prérogatives de la puissance publique de l’État.

La DGFiP dispose donc de la compétence exclusive en matière d’établissement des bases, de liquidation de l’impôt, mais aussi de tenue des comptes des collectivités.

La participation des collectivités à l’assiette des impôts locaux ne doit donc pas excéder certaines limites qui les feraient empiéter sur la responsabilité légale de l’État représenté par la DGFiP (en matière d’assiette et de contrôle) ; il convient notamment de ne pas créer dans l’esprit des contribuables l’idée d’une intervention arbitraire des collectivités dans la gestion des impôts locaux.

Les communes ne peuvent pas mettre en place des traitements qui s’apparentent davantage aux travaux opérés par les services des finances publiques dans le cadre du contrôle fiscal qu’à un simple recensement des bases d’imposition.

La mise en œuvre de traitements par une collectivité ne doit pas conduire à créer une confusion entre les missions des directions des Finances publiques et celles des collectivités territoriales. Elle doit permettre à la collectivité de collaborer avec les services des finances publiques en l’interrogeant sur les situations fiscales individuelles qui paraissent anormales.

Une collaboration qui peut être formalisée dans un cadre partenarial

Afin d’offrir un service plus complet et plus réactif aux élus locaux qui expriment une attente forte en matière de conseil budgétaire, comptable, financier et fiscal, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) propose depuis 2012 d’inscrire les travaux de fiabilisation et d’optimisation des bases fiscales dans le cadre de démarches partenariales définies conjointement au niveau local.

Les contrats de partenariat relatifs à l’optimisation des bases fiscales s’inscrivent dans le cadre réglementaire en vigueur, et s’articulent selon les étapes suivantes :

  • réalisation d’un état des lieux conduisant à analyser la situation actuelle des bases fiscales au regard de leur exhaustivité et de leur fiabilité ;
  • définition concertée des actions à mener en fonction des constats effectués lors de l’état des lieux, et fixation de priorités (par exemple, examen des locaux classés dans les catégories les plus basses, examen des locaux situés dans des quartiers ayant connu d’importantes opérations de rénovation ou de réhabilitation, examen des locaux bénéficiant d’une exonération permanente, vérification de situations atypiques signalées par les communes ou lors des réunions des commissions communales ou intercommunales) ;
  • envoi par les services de la DGFiP de demandes de déclarations aux propriétaires concernés par les situations relevées ;
  • exploitation des informations par les services de la DGFiP, mise à jour des évaluations et présentation de nouvelles évaluations à la commission communale (ou intercommunale) des impôts directs ;
  • mise à jour des bases fiscales.
Aucun

Principes généraux de la fiscalité directe locale

Fiscalité directe locale Gérer les finances publiques locales Direction générale des Finances publiques Activé

Les impôts directs locaux comprennent quatre taxes principales (la taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l’habitation principale, la taxe foncière sur les propriétés non bâties, la cotisation foncière de entreprises) et des taxes annexes ou assimilées (imposition forfaitaire des entreprises de réseau, taxe sur les surfaces commerciales…).

Ils sont perçus au profit des collectivités territoriales et de divers établissements publics et organismes.

Un élément commun aux 4 taxes principales : la valeur locative cadastrale

C’est la notion fondamentale de la fiscalité directe locale. En effet, elle est utilisée, seule ou avec d’autres éléments, pour le calcul de la base de chacun des impôts directs locaux.

La valeur locative cadastrale représente le loyer théorique annuel que l’immeuble serait susceptible de produire, dans des conditions normales, à une date de référence. Consulter la rubrique dédiée à la réforme des valeurs locatives.

Un principe essentiel : l'annualité

Conformément à l’article 1415 du code général des impôts (CGI), la taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l’habitation principale) sont établies pour l’année entière, d’après les faits existant au 1er janvier de l’année d’imposition.

Ainsi, en matière de taxes foncières, les augmentations de matière imposable et les changements de propriétaire en cours d’année ne donnent pas lieu à imposition au titre de l’année au cours de laquelle ils interviennent, à l’exception :

  • du dégrèvement en cas de vacance d’une maison destinée à la location ou d’inexploitation d’un immeuble à usage commercial ou industriel, utilisé par le contribuable lui-même ;
  • ou en cas de disparition d’un immeuble non bâti par suite d’un événement extraordinaire (envahissement des eaux…).

Les impôts directs locaux dépendent des décisions des collectivités

Pour les impositions qu’elles perçoivent, les collectivités territoriales disposent d’importants pouvoirs, mais leur liberté s’exerce dans le cadre d’une législation définie au plan national :

  • Elles ne peuvent pas supprimer l’une des quatre taxes principales, ni en créer d’autres, ou décider de règles d’assiette en dehors du cadre légal national.
  • À l’exception de l’IFER, elles peuvent fixer le niveau du produit global attendu de leur fiscalité directe, et peuvent, dans une certaine mesure, moduler la répartition des impositions entre les taxes, ainsi qu’entre les contribuables passibles d’une même taxe.

Fixation du produit global de la fiscalité directe locale

Les collectivités territoriales fixent librement le montant total attendu de la fiscalité directe locale, sous réserve de respecter les règles du droit budgétaire définies par l’Etat (contrôle budgétaire des comptes publics par la chambre régionale et territoriale des comptes (CRTC) et contrôle juridictionnel du gestionnaire public par la 7e chambre de la Cour des comptes) ), et notamment l’obligation d’équilibre du budget prévue à l’article L. 1612-4 du Code général des collectivités territoriales.

Répartition du montant total des impositions

Répartition entre les taxes

  • En votant leurs taux d’imposition, les collectivités décident de la répartition de la charge fiscale globale entre les différentes catégories de contribuables ;
  • Leur liberté en la matière est cependant limitée :
    • pour éviter un accroissement des disparités géographiques, ainsi qu’une pression excessive sur certaines catégories de contribuables (CFE et THRS notamment) ;
    • par l’institution de taux plafonds et de liens entre taxes pour l’évolution des taux.

Répartition entre les redevables d’une même taxe

Cette répartition résulte de :

  • la modulation des abattements de taxe d’habitation (à la base et pour charges de famille) ;
  • la majoration éventuelle de la base d’imposition de certains terrains, comme la majoration sur les terrains constructibles (TFPNB) ;
  • l’octroi d’exonérations temporaires (TFPB,CFE), ou en faveur de certaines activités (CFE, TFPNB) ;
  • la modulation à la hausse ou à la baisse de la base minimum en fonction du chiffre d’affaires ou des recettes et donc de la cotisation payée par les entreprises.

Les conséquences de telles décisions sont supportées par les autres contribuables de la commune à la différence des mesures d’allègement des cotisations imposées par l’État et dont celui-ci compense les effets par le versement de compensations aux collectivités.

L’État verse mensuellement aux collectivités territoriales des avances de trésorerie. Il leur garantit le versement du montant total des impositions comprises dans les rôles, et finance en conséquence les dégrèvements et non-valeurs (absence de recouvrement). Il prélève à ce titre, en sus des cotisations revenant aux collectivités, des frais d’assiette, de recouvrement et de non-valeurs (article 1641 du CGI).

La gestion de la fiscalité directe locale par l'État

La gestion de la fiscalité directe locale est complexe, pour plusieurs raisons :

  1. La complexité de la législation applicable, la multiplication de régimes particuliers ou dérogatoires.
  2. L’effet de masse : plus de 73 millions d’articles ; presque 65 millions d’avis d’imposition édités ; 104 millions de parcelles et 50,7 millions de locaux à identifier et évaluer en 2014 ; grande mobilité des foyers avec 3 millions de déménagements par an (10 % de déménagements annuels)
  3. L’aspect partiellement non déclaratif, ce qui contraint l’administration fiscale à rechercher d’autres sources d’informations.
  4. La nécessité de liaisons :
    1. Avec les collectivités territoriales : notification des bases d’imposition ; réception des décisions sur les taux, et sur les bases (exonérations, abattements) ; aide au recensement de la part des collectivités, aide à la décision de la part des services de fiscalité directe locale.
    2. Avec d’autres administrations : ministère de l’Intérieur (vote des budgets et des taux, calcul des diverses dotations budgétaires versées par l’état) ; ministère en charge de l’écologie ; ministère en charge du logement ; ministère de l'agriculture ; services internes à la DGFiP (pour la prise en compte des locaux et la prise en compte des éléments de personnalisation).
  5. Les impératifs de calendrier.
    1. Les impôts locaux sont versés aux collectivités avant l’émission des rôles et/ou de leur perception auprès des redevables, par acomptes prélevés sur la trésorerie de l’état (douzièmes provisionnels). Il importe donc que ces rôles soient émis sans retard, en principe au cours de l’année d’imposition.
    2. Les collectivités territoriales sont tenues au respect de l’équilibre budgétaire. Elles doivent donc connaître le produit de la FDL, nécessaire à cet équilibre, avant de fixer leurs taux d’imposition, ce qui suppose la notification par les services FDL des bases prévisionnelles d’imposition à ces collectivités au cours du mois de mars (en principe avant le 15 mars) pour un vote avant le 15 avril (art. 1639 A du CGI).
  6. Le nombre élevé de réclamations contentieuses et gracieuses de contribuables. Avec plus de 2 millions de réclamations et de demandes par an, la DGFiP a adapté et amélioré ses méthodes de gestion de l’impôt.

Pour en savoir plus sur les impôts locaux

Aucun