Fiabilité et certification des comptes locaux
Le 21 mars 2014, les ministres chargés des Finances, du Budget et des Collectivités territoriales, les présidents des grandes associations nationales d'élus locaux et le Premier président de la Cour des comptes ont conclu une charte nationale relative à la fiabilité des comptes locaux (instruction du 21 mars 2014) qui souligne l'importance de la qualité des comptes pour la démocratie locale. Le second alinéa de l’article 47-2 de la Constitution dispose, en effet, que "les comptes des administrations publiques sont réguliers et sincères. Ils donnent une image fidèle du résultat de leur gestion, de leur patrimoine et de leur situation financière."
Pour renforcer la qualité des comptes des collectivités territoriales et de leurs établissements publics, les signataires de la charte nationale s'engagent dans une démarche partenariale visant à :
- définir des outils et des méthodes mis à la disposition des acteurs locaux, à partir des bonnes pratiques constatées sur le terrain, pour permettre à chacun d’améliorer la qualité de ses traitements comptables ;
- proposer des modes d’attestation de la fiabilité des comptes adaptés à l’hétérogénéité des situations et des enjeux financiers au sein du secteur public local.
Ces orientations générales, qui sont précisées en annexe de la charte, sous-tendent le cadre juridique et le référentiel comptable en vigueur. Elles feront l'objet d'un suivi régulier au sein du Comité national relatif à la fiabilité des comptes publics locaux.
Le Comité national de fiabilité des comptes publics locaux
Cette instance partenariale, chargée d’élaborer, de diffuser et de suivre la mise en œuvre de solutions opérationnelles dans le cadre du droit et du référentiel comptable en vigueur, s’attache aussi à tracer des perspectives d’amélioration du cadre existant, au vu des expériences dont il lui est rendu compte. Elle met ses travaux en conformité avec les normes comptables adoptées après avis et recommandations du Conseil de normalisation des comptes publics (article 136 de la loi n° 2001-1275 de finances pour 2002) et tient compte des critères d'appréciation de la qualité comptable énumérés par l'article 57 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.
Le Comité national rassemble les représentants des ordonnateurs locaux, des comptables publics et des juges des comptes. Présidé par le directeur général des Finances publiques (DGFiP) ou son représentant par délégation du ministre chargé des Comptes publics, il est composé des représentants de l’Association des maires de France (AMF), de l’Assemblée des départements de France (ADF), de l’Association des régions de France (ARF), de l’Association des communautés urbaines de France (ACUF), de l’Assemblée des communautés de France (ADCF), de l’Association des maires de grandes villes de France (AMGVF), de la Fédération des villes moyennes (FMVM) et de l’Association des petites villes de France (APVF) ; des représentants de la DGFiP et de la direction générale des Collectivités locales (DGCL) ; des membres des juridictions financières désignés par le Premier président de la Cour des comptes ; et d'experts proposés par ses membres, notamment l’Association Finances-gestion-évaluation des collectivités territoriales (AFIGESE).
Les solutions organisationnelles et procédurales mises en avant par le Comité national s'appuient, le plus souvent, sur l’analyse et la validation des bonnes pratiques relevées à travers le territoire national. Les collectivités intéressées peuvent ensuite se rapprocher de leur comptable pour mettre en œuvre, à leur échelle, un partenariat intégrant tout ou partie des recommandations nationales, en fonction du contexte local et de leur propres priorités, à définir après un diagnostic partagé ordonnateur-comptable des forces et faiblesses en matière de fiabilité de ses comptes.
Travaux du Comité de fiabilité des comptes publics locaux
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Examen de la gestion par la chambre régionale des comptes
L’examen de la gestion est défini à l’article L. 211-8 du Code des juridictions financières. Les contrôles peuvent être engagés sur demande motivée du préfet ou de l’autorité locale. Ils le sont aussi et surtout à l’initiative de la chambre régionale des comptes (CRC) dans le respect de son programme annuel de vérification.
Le contrôle peut porter sur toutes les collectivités et tous les établissements publics locaux situés dans la zone géographique de compétence de la CRC. Il peut s’appliquer à un grand nombre d’organismes, qu’ils soient ou non dotés d’un comptable public. Lorsque ces organismes sont dotés d’un comptable public, l’examen de la gestion est généralement couplé au jugement des comptes.
Cependant, l’examen de la gestion ne se limite pas au seul domaine financier et comptable. Cet examen porte sur la régularité mais également sur la qualité de la gestion. Les chambres n'ont pas à apprécier l'opportunité des choix politiques des élus.
Selon la Cour des comptes, l’examen de la gestion porte sur :
- la régularité des actes de gestion, c’est-à-dire la conformité au droit des opérations de dépenses et de recettes (l’achat a-t-il respecté les règles applicables à la commande publique ?) ;
- l'économie des moyens mis en œuvre dans l’utilisation des fonds publics (l’objectif ou le programme défini par la collectivité aurait-il pu être réalisé à moindre coût ?) ;
- l'évaluation des résultats atteints par rapport aux objectifs fixés par l'assemblée délibérante ou par l'organe délibérant, c’est-à-dire l’efficacité de l’action de la collectivité (l’investissement réalisé par la collectivité a-t-il permis d’atteindre l’objectif fixé ?).
Les CRC peuvent être conduites à procéder à une évaluation des politiques publiques locales.
La Cour des comptes précise que cet examen permet à la chambre de formuler des observations répondant à un triple objectif :
Apporter une information aux élus locaux qui peuvent ainsi prendre connaissance d’éventuels dysfonctionnements ;
Contribuer à l’amélioration de la gestion des organismes contrôlés, en invitant leurs responsables à suivre les recommandations de la chambre, à corriger ou prévenir les dysfonctionnements relevés ;
Participer à la démocratie locale en informant le citoyen sur l’emploi des deniers publics.
Le rapport d’observations définitives de la chambre clôture l’examen de la gestion. Il comporte une synthèse, des constats et des recommandations.
La chambre adresse à l'ordonnateur un rapport d'observations provisoires (ROP), auquel il est invité à répondre dans un délai de deux mois. Une fois la réponse reçue, ou le délai écoulé sans réponse, la chambre arrête un rapport d'observations définitives (ROD) auquel une nouvelle réponse peut être apportée. Le rapport et la réponse doivent alors être communiqués à l'assemblée délibérante de la collectivité ou de l'organisme dès sa plus proche réunion. Passée cette date, ces documents deviennent des documents communicables à toute personne qui en fait la demande.
Qualité et contrôle des comptes locaux
Analyse financière
S’appuyant sur la somme d’informations que recèle le compte de gestion, elle permet de relier la situation budgétaire présentée par le compte administratif et la situation patrimoniale d’ensemble (décrite au compte de gestion).
En fonction du besoin du commanditaire, elle peut être déclinée dans le temps ou sur différents périmètres.
L'analyse financière dans le temps
L’analyse rétrospective
Elle permet d’étudier la formation de l’autofinancement, le financement des investissements et l’équilibre financier global.
Cette approche financière peut être complétée par une analyse fiscale qui permet de réaliser un véritable état des lieux de la richesse fiscale et de faire apparaître les fragilités et les atouts de la collectivité mais aussi les marges de manœuvres disponibles en la matière.
L’analyse prospective
Élaborée dans la cadre d’une démarche conjointe de l’ordonnateur et du comptable. Sur la base des hypothèses d’évolution et du programme de réalisation que le responsable local, des scénarii de financement sont élaborés.
L'analyse financière sur différents périmètres
L’analyse consolidée
ce type d’analyse prend en compte les budgets annexes, notamment utilisés le suivi comptable des activités industrielles et commerciales, en mettant en évidence les flux financiers entre ces budgets et le budget principal.
En complément de cette approche consolidée, pour apporter une information financière plus complète et aider les décideurs locaux à mieux cerner leurs marges de manoeuvre, deux prestations innovantes sont proposées :
L’analyse des risques
il s’agit d’identifier, d’analyser les risques, liés à aux partenaires de la collectivité ou à ses engagements, pouvant avoir des répercussions sur sa situation financière.
L’agrégation des données comptables et financières à l’échelle du territoire intercommunal
elle repose sur la simple addition des principaux agrégats financiers du groupement à fiscalité propre et de ses communes membres, déduction faite des flux croisés entre ces structures. Elle apporte un éclairage financier à l’échelle du territoire intercommunal.
Le partenariat ordonnateur-comptable : la DGFiP au service du secteur public local et hospitalier
Le positionnement du comptable public est une garantie essentielle en ce domaine. Dans ce contexte, la direction générale des Finances publiques (DGFiP) a souhaité approfondir le pacte de confiance qui lie ses comptables et les collectivités territoriales ou leurs établissements publics en offrant sa capacité à mobiliser la comptabilité comme outil utile au gestionnaire. Si le comptable public contrôle les opérations initiées par l’ordonnateur, il se positionne surtout comme partenaire de ce dernier.
S’agissant du secteur public local, le Conseiller aux décideurs locaux (CDL) joue un rôle d’appui et favorise la démarche d’accompagnement menée par la DGFiP. Il assure un rôle de promotion du dispositif de partenariat.
La DGFiP renforce et modernise son partenariat avec les décideurs publics locaux en s'engageant contractuellement à leurs côtés sur des objectifs opérationnels, via des conventions de partenariat.
Ce dispositif vise à améliorer la performance administrative des services de l'ordonnateur et du comptable, l'efficacité des circuits comptables et financiers, la qualité du service rendu aux usagers. Il vise également à diffuser une offre DGFiP de services de qualité, innovante et adaptée aux besoins différenciés des collectivités locales et établissements publics locaux.
À compter du 1er janvier 2026, un dispositif rénové et simplifié de conventions de partenariat (CP) est mis en œuvre. Les conventions de partenariat s’adressent à tous les organismes publics locaux. Indépendamment de sa taille ou de ses enjeux, une collectivité locale ou un établissement public local (y compris hôpital) peut signer avec son comptable public (avec le concours éventuel de son CDL) et sa direction locale des Finances publiques une convention de partenariat (CP) :
- Toutes les régions
- Tous les départements
- Toutes les communes
- Tous les groupements de communes à fiscalité propre (communautés urbaines, communautés d’agglomération, communautés de communes, métropoles)
- Tous les établissements publics de santé (EPS)
- Tous les établissements publics sociaux ou médico-sociaux (EPSMS)
- Tous les syndicats
- Tous les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS)
Avantages d'une convention de partenariat
Le partenariat s’étend à tous les domaines de la vie financière et comptable de votre structure locale (dépenses, recettes, gestion de trésorerie…).
Aspect stratégique
- Vous obtenez une réponse globale à vos besoins spécifiques : le partenariat décline une offre de service, de conseil fiscal, financier et juridique personnalisé ;
- Vous pouvez y intégrer aussi bien les grands chantiers de modernisation et de réformes financières et comptables (qualité comptable, certification…) que vos projets d’investissement ;
- Vous pouvez expérimenter des méthodes de travail innovantes (service facturier, dématérialisation…).
Aspect pratique
- Au niveau opérationnel, des choix d'actions jugées utiles par les deux partenaires, un suivi personnalisé de la réalisation des actions.
- Au niveau rédactionnel, des modèles-type de fiches actions facilement maniables et adaptables,
- Un partenariat flexible : une réorientation des actions si besoin (actions correctives, nouveau contexte local…).
Aspect organisationnel
Vous avez l'assurance de bénéficier de la mobilisation constante des acteurs experts de la DGFiP au service de votre projet :
- Vous bénéficiez de l’expertise et des compétences de votre comptable et des services de votre direction locale des finances publiques
- À toutes les étapes de votre projet : pendant la préparation de la convention partenariale, tout au long de son exécution, au moment des bilans et de fin de convention.
- Exemples de spécialistes pouvant être mobilisés : référent fiscalité commerciale et locale, spécialiste de l’analyse financière, correspondant des moyens modernes de paiement, expert de la dématérialisation, conseil aux décideurs publics local…
La signature d'une convention de partenariat
Les CP sont des conventions tripartites signées entre l'ordonnateur de la structure, le comptable compétent et la direction locale (direction régionale/départementale des Finances publiques). Le Conseiller aux décideurs locaux (CDL) a la possibilité de co-signer la convention, avec le comptable assignataire.
L'ordonnateur d’une collectivité ou d’un établissement public a la capacité de signer une CP sans qu’il y ait besoin d’une délibération spécifique de l'assemblée, mais il peut en prévoir une s'il le souhaite.
Les 4 étapes vers la signature de la convention de partenariat :
- Vous dressez avec votre comptable public et les représentants de votre direction locale des finances publiques un diagnostic partagé de la structure locale.
- Au regard des forces et faiblesses identifiées, vous arrêtez conjointement un plan d’action comprenant une liste d’actions prioritaires à mener en fonction du contexte local.
- Les engagements réciproques de votre collectivité et de la DGFiP sont formalisés dans une convention qui fixe un calendrier et une méthode de travail, en prévoyant des bilans à intervalle régulier.
- Vous évaluez avec votre comptable et la direction locale des finances publiques les résultats obtenus lors des bilans d’étape et si besoin, vous complétez le plan d’action initial.
Contenu, durée et publicité des conventions de partenariat
Contenu
Une convention de partenariat (CP) est constituée d’une convention, de fiches–actions et d’un tableau de suivi.
Conclues idéalement pour une durée de 3 à 5 ans, les conventions de partenariat s'adaptent aux attentes et besoins de chaque collectivité volontaire pour s’engager dans cette démarche. Elles doivent également suivre les évolutions techniques, réglementaires et intégrer les modernisations de procédure.
Le contenu s’articule en général autour d’un minimum de deux axes parmi les six de travail ci-dessous :
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Axe 1 : Développer une culture commune de maîtrise des risques
Cet axe regroupe six fiches portant la mise en commun de procédures et de formations, sur la rationalisation des régies, la prévention des cyberattaques, la qualité et la production des comptes.
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Axe 2 : Assurer l'interopérabilité de la chaîne applicative
Cet axe regroupe huit fiches-actions en lien avec les accès applicatifs, la mise en œuvre du PES et de la facturation électronique, la dématérialisation des documents budgétaires, des ASAP et des aides sociales.
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Axe 3 : Optimiser les chaînes de recette et de dépense
Cet axe comptabilise onze fiches-actions portant entre autres sur la fiabilisation des tiers, la maîtrise du délai global de paiement et la mise en place d’un CAP ou d’un SFACT.
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Axe 4 : Assurer la fiabilisation des comptes
Cet axe est composé de huit fiches-actions en lien avec la qualité comptable.
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Axe 5 : Proposer des moyens de paiement dématérialisés
Cet axe répertorie deux fiches : une promouvant la mise en place du prélèvement automatique (dépenses des collectivités et établissements publics locaux) et une autre qui vise à développer l’ensemble des moyens de paiement dématérialisés (recettes des collectivités).
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Axe 6 : Renforcer la coopération fiscale, financière et domaniale
Cet axe compte cinq fiches en lien avec la fiscalité directe locale, l’analyse financière, l’expertise domaniale et la valorisation du patrimoine.
La DGFiP propose des fiches types adaptables qui facilitent la rédaction. Votre comptable, votre CDL, et la direction locale vous proposent un appui rédactionnel et logistique.
Durée
La durée de la convention est comprise entre 3 et 5 ans. Cet horizon à moyen terme facilite la mise en œuvre efficace des projets portés par la convention.
L'échéance à laquelle sont mesurées les réalisations est laissée à la libre appréciation des parties, ainsi que le choix de repartir sur une nouvelle convention intégrant les nouveaux chantiers à mener.
Publicité
La communication dans la presse locale et spécialisée est laissée à la libre appréciation des ordonnateurs des collectivités locales, en relation avec le comptable, éventuellement le CDL, et la direction locale.
Suivi des conventions de partenariat
Rôle de la direction locale des Finances publiques
La direction locale cosignataire pilote le dispositif. Elle est responsable du montage, du suivi et de l'exécution des conventions. Son rôle d’animation et de pilotage est essentiel pour apporter à chaque étape le soutien nécessaire, garantir la qualité et un niveau d'exigence homogène des prestations offertes aux collectivités locales. Elle s'assure que les compétences et les expertises nécessaires à la réussite du projet soient mobilisées, aux côtés du comptable, du CDL le cas échéant, tout au long de la préparation puis de l'exécution de la convention.
Pour assurer un suivi stratégique et opérationnel, deux comités se réunissent régulièrement :
Le comité de pilotage (COPIL)
Coprésidé par le(la) directeur(trice) local(e) des Finances publiques et le président de l'organisme public local, le COPIL a généralement une vocation stratégique et décide des conditions de mises en œuvre de la convention de partenariat. Il réunit à échéance libre les instances décisionnelles des parties cosignataires (services de l'ordonnateur, services de la trésorerie ou du SGC, de la direction locale, et éventuellement du CDL). Le COPIL peut par exemple avoir pour objet :
- d’arrêter les grandes orientations des chantiers partagés ;
- de dresser l’état d’avancement des projets ;
- d’acter les principales avancées ;
- de prendre les mesures d’adaptations des actions initialement prévues.
Le comité de suivi (COSUI)
Il est coprésidé par les chefs des services opérationnels chargés de mettre en œuvre la convention. Il se réunit dans le cadre d’une évaluation des actions menées à mi-parcours puis à la fin du partenariat. Il peut également se réunir de manière annuelle eu égard aux spécificités de la convention ou du partenaire signataire. Sa composition (services opérationnels) est fixée en fonction de l’ordre du jour du comité. Le COSUI peut être chargé :
- de s’assurer du respect du calendrier d’exécution des actions, de l’évaluation et du suivi de la convention ;
- d'effectuer les bilans périodiques au moyen du tableau de bord, et le cas échéant propose de réorienter les actions entreprises qui seront examinés en COPIL si besoin ;
- d'effectuer le bilan annuel qui sera examiné en comité de pilotage ;
- de préparer également les réunions du comité de pilotage.
Autres ressources
Le conseiller aux décideurs locaux
Activé
La direction générale des Finances publiques (DGFiP) développe, entre 2020 et 2023, son nouveau réseau de proximité (NRP), affirmant ainsi sa volonté de renforcer durablement sa présence au sein des territoires et de développer une offre de conseil au plus près des attentes des décideurs publics.
Cette volonté se traduit par la mise en place de nouveaux conseillers, nommés conseiller aux décideurs locaux (CDL). Le CDL porte la nouvelle offre de services destinée aux collectivités locales en assurant un conseil adapté et personnalisé au profit des élus locaux. Le déploiement des CDL, engagé en janvier 2020, devrait se poursuivre jusqu’en 2023 selon des modalités concertées avec les élus de chaque département.
En parallèle, les centres des finances publiques (auparavant nommés trésoreries municipales) se regroupent progressivement pour constituer des « services de gestion comptable » (SGC). Ils ont à leurs têtes, un comptable public qui tient les comptes des communes rattachées et reste compétent, avec son équipe, pour les questions de gestion quotidienne.
Le CDL se consacre, à temps plein aux demandes exprimées par les maires et présidents d'établissement public de coopération intercommunale (EPCI) de son périmètre de compétences qui correspond en règle générale aux frontières des intercommunalités.
Les départements, les régions et le secteur hospitalier, sanitaire, social et médico-social ne sont pas directement concernés par cette réforme. L’organisation actuelle n’est donc pas modifiée. Néanmoins, pour les plus petits départements, le schéma du nouveau réseau de proximité pourra prévoir la mise en place d’un service de gestion comptable (SGC) et, dans ce cas, l’ordonnateur pourra être conseillé par un CDL.
Le CDL en quatre questions
Qui est le CDL ?
Le CDL est un cadre de la direction générale des Finances publiques (DGFiP), expert du conseil au service des élus locaux (maires, présidents d'EPCI) et de leur service. En effet, il propose une offre de conseil individualisé aux élus pour répondre à leurs besoins sur différents sujets.
Il est rattaché à la direction départementale ou régionale des Finances publiques.
Quelles sont les missions du CDL ?
Le CDL peut être amené à dispenser plusieurs types de conseils, notamment :
- conseil budgétaire et comptable (conseil à l’élaboration budgétaire, sensibilisation à la maîtrise des risques, information sur les nouveautés…) ;
- conseil en matière de dépenses et de recettes (promotion de la dématérialisation, restitutions du contrôle hiérarchisé de la dépense, conseil en optimisation du recouvrement, rationalisation de l’organisation des régies….) ;
- conseil financier et fiscal (réalisation et présentation des analyses financières, recherche de solutions de cofinancement, simulations fiscales, information sur les dispositifs de soutien aux entreprises en difficulté…) ;
- conseil économique et patrimonial (conseil sur projet d’investissement, projet d’aménagement du territoire…) ;
La mission de conseil du CDL au quotidien est ajustable en fonction du besoin de la collectivité.
Quels sont les avantages ?
La mise en place de ce nouvel interlocuteur permet :
- d'offrir des prestations sur mesure, adaptées au plus près des besoins de chaque collectivité ;
- de proposer une gratuité, une objectivité et une neutralité de la prestation ;
- de faciliter la prise de contact et une réactivité accrue grâce à un interlocuteur privilégié pour l'élu local.
Où est implanté le CDL ?
Le CDL est un cadre itinérant susceptible d’avoir plusieurs lieux de travail. Sous réserve de l’accord de l’ordonnateur, il est installé en priorité dans les locaux de l’EPCI ou parfois dans une des collectivités membres de son portefeuille.
Vidéos sur le sujet
Le conseiller aux décideurs locaux
Le conseiller aux décideurs locaux - Nouveau réseau de proximité des Finances publiques
Le Nouveau Réseau de Proximité des Finances publiques
Le conseiller aux décideurs locaux
Intervention d'Antoine Magnant, Directeur général adjoint des Finances publiques.
"On a décidé de changer de méthode dans la manière dont on faisait évoluer notre réseau : plus de points de contacts, beaucoup plus, sans doute 30% d'ici deux ans, pour être plus proche des citoyens qui ont besoin physiquement, si je puis dire, d'être au contact avec le service public".
Un nouveau métier : le conseiller aux décideurs locaux.
Intervention d'Isabelle Roux-Trescases, Directrice du projet NRP
"Nous avons depuis le début de l'année trente Conseillers aux Décideurs Locaux qui sont d'ores et déjà en fonction et quatorze Service de Gestion Comptable."
Intervention d'Etienne Duvivier, sous-directeur du Service des collectivités locales
"A terme, le but, le maillage mais c'est un maillage souple, parce qu'il faut s'adapter aux territoires, il faut s'adapter aussi aux besoins des collectivités, c'est à peu près un conseiller par EPCI, soit un peu plus d'un millier de conseillers".
Intervention de David Guermonprez, Directeur départemental des Finances publiques de la Creuse
"Et là on est au début de la phase d'implantation, de démarrage et le conseiller en réalité il fait le tour des élus pour expliquer sa nouvelle mission".
Intervention d'Olivier Dekeirle, CDLdu Loir-et-Cher
"Les premières semaines de ma mission, je les ai consacrées à une prise de connaissance du territoire"
Le CDL entre dans le bureau du maire "Bonjour Monsieur le maire"
"Les élus locaux nous attendent sur cette nouvelle mission, ils nous attendent principalement en milieu rural, où les trésoriers étaient très impliqués dans leurs missions et dans cette mission de conseil."
Intervention de Pierre Bardon, CDL du Bas-Rhin
"Etant en poste déjà sur le secteur comme comptable, je connaissais tous les élus et toutes leurs équipes tant administratives que comptables, donc le contact a été très très facile à établir".
Intervention de Bernard Freund, président de la communauté de communes de la Zorn
"La mise à disposition d'un conseiller au niveau des communautés de communes est une très belle initiative. C'est vraiment très important ce qui a été fait. je pense que toutes les collectivités apprécient".
Les missions du Conseiller aux décideurs locaux.
Intervention d'Etienne EFFA, directeur départemental des Finances publiques de la Marne
"C'est une attente en termes de compétences budgétaires et comptable. La seconde, c'est en matière de conseil fiscal et financier principalement. Et le troisième volet concerne la modernisation des procédures, avec la mise en place, par exemple, de nouveaux moyens de paiement pour les administrés ou développer la dématérialisation dans leurs différentes collectivités".
Intervention de Laurent Crouzet, Conseiller aux décideurs locaux de l'Aube.
" On a quand même toutes les réformes auxquelles les collectivités sont soumises et qui vont nécessiter qu'on les aide. Généralisation de l'offre de paiement en ligne, dans 3 ans, la M57 généralisée, donc là je pense qu'ils vont aussi avoir besoin de conseils".
Que peut-on souhaiter ?
Intervention d'Etienne Duvivier, sous-directeur du Service des collectivités locales
"Que le consensus autour de nos projets soit le plus grand possible et que l'on puisse répondre de manière la plus concrète possible en 2020, en 2021 et les années suivantes aux besoins à la fois de nos concitoyens et des élus, de l'ensemble de nos publics, de la manière la plus réactive et la plus pertinente possible".
Regards croisés sur la mission de CDL
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Les nouveaux interlocuteurs des maires à la DGFiP
La direction générale des Finances publiques, en abrégé DGFiP, est un partenaire incontournable pour les maires. En effet, c'est un agent de la DGFiP appelé comptable public qui ient la comptabilité générale de la commune et qui est chargé du recouvrement des recettes et du paiement des dépenses communales.
Arrêtons nous un instant sur le principe fondateur de la mission du comptable public. En droit public français, il existe des règles budgétaires et comptables très strictes qui s'imposent à tous les gestionnaires.
La première est celle dite de séparation de l'ordonnateur et du comptable. L'ordonnateur est la personne qui au sein d'une collectivité passent des commandes puis constate que les biens ou services livrés correspondent à la commande. Il donne alors l'ordre de payer au créancier la somme qui lui est due. Dans une commune, c'est le maire qui est ordonnateur, dans un groupement intercommunal, c'est le président du conseil communautaire. Une fois l'ordre de payer émis par le maire seul le comptable public est habilité à manier des fonds publics, c'est-à-dire à payer aux créanciers la somme due. Avant de payer, le comptable est tenu d'effectuer différents contrôles, pour une facture, il vérifie par exemple que son montant correspond à celui inscrit sur le bon de commande.
En cas de manquement à ces contrôles qui induirait une erreur de paiement au détriment de la commune, le comptable peut être tenu de réparer le préjudice sur ses deniers propres, on appelle cela la responsabilité personnelle et pécuniaire du comptable.
La fonction de comptable public ne se limite pas au strict contrôle de la régularité des ordres de payer ou de recouvrer que le maire lui transmet. Le comptable connaît parfaitement la situation financière de la commune ainsi que la réglementation applicable en matière financière et fiscale, cela lui permet si besoin de conseiller utilement le maire et ses services sur différents aspects de la gestion communale.
Le comptable public est souvent désigné sous l'appellation ancienne de trésorier municipal ou même de percepteur, par référence à son rôle en matière de perception de l'impôt. De même, les locaux où il travaille avec son équipe son plus fréquemment appelée trésorerie municipale voir perception que centre des Finances publiques qui est leur dénomination officielle.
Sur la période 2020-2023, la DGFiP va procéder à une restructuration en profondeur de son organisation territoriale, de façon à la moderniser et à l'adapter aux attentes de ces deux grandes catégories d'interlocuteurs, les usagers d'une part et les élus locaux d'autre part. Pour les usagers, les points de contacts vont être multipliés et pour les élus locaux une attention renforcée va être portée à la fonction de conseil.
Les petites trésoreries municipales vont progressivement être regroupées pour former des services de gestion comptable (ou SGC) plus performant. Le comptable public placé à la tête d'un SGC restera responsable de la gestion des deniers publics qu'il maniera pour le compte des communes qui lui seront rattachées et pour les questions de gestion quotidienne. Les secrétaires de mairie et les services financiers communaux trouveront, comme aujourd'hui, des interlocuteurs dédiées au sein du SGC qui demeurera pleinement leur comptable.
La principale innovation amenée par la réorganisation du réseau territorial de la DGFiP va être la création d'un poste de conseiller aux décideurs locaux (CDL). Ce conseiller se consacrera à temps plein aux demandes exprimées par les maires de son périmètre de compétences, qui correspondra en règle générale aux frontières des intercommunalités. Ainsi, il pourra produire une analyse financière sur les comptes de la commune ou effectuer des simulations fiscales avant le vote annuel des taux de fiscalité directe. Il pourra également conseiller les élus avant la passation d'un marché public complexe et réfléchir avec eux aux meilleures façon de financer leurs projets d'investissement.
La liste des domaines dans lesquels le CDL pourra conseiller les maires ne s'arrête évidemment pas à ces quelques exemples. Le CDL, en effet, sera la porte d'entrée des élus pour accéder plus largement à toutes les expertises de la DGFiP : conseil budgétaire, comptable, fiscal, financier, conseils en matière de dépenses ou de recettes, conseil économique et patrimoniale ou encore accompagnement des réformes de processus. Le CDL pourra mobiliser ses collègues de la direction départementale ou régionale des Finances publiques pour apporter des réponses techniques sur des questions très pointues, par exemple sur la fiscalité des activités commerciales ou sur la soutenabilité budgétaire d'un projet d'investissement.
La nouvelle organisation qui vient d'être décrite vase mettre en oeuvre progressivement jusqu'en 2023 selon des modalités qui ont été concertées avec les élus de votre département au deuxième semestre de 2019. Si vous n'avez pas encore de CDL auprès de vous, ne vous inquiétez pas, adressez-vous à votre trésorier municipal qui lui aussi saura vous ouvrir les portes de tous les experts métiers de la DGFiP.
Autres ressources
Documentation sur les finances locales
Cette page propose une collection enrichie de ressources permettant de mieux comprendre les outils et les mécanismes relatifs aux finances locales...